29.11.2008
Contrôler les esprits plutôt que convaincre
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Au moment où Debout la République franchissait avec un incontestable succès l’obstacle de son Congrès fondateur, rassemblant dimanche dernier plus de 1000 personnes à la Mutualité, la petite politique, médiocre et mesquine, continuait à aller bon train.
Réaction de l’UE face à la crise, loi sur l’audiovisuel et travail dominical, ponctuaient une semaine qui, décidément, avait décidé de ressembler aux précédentes.
Le « plan de relance européen », comme l’ont pompeusement baptisé certains observateurs pour sauver la face de l’Europe supranationale et ménager l’Allemagne (qui porte une écrasante responsabilité dans ce fiasco), est une pure vue de l’esprit.
Pour l’essentiel, il n’est, en effet que l’addition des plans de relance nationaux qu’à défaut de vouloir démultiplier en les coordonnant, on se contente d’additionner, comme on ajoute des carottes et des choux fleurs, en les emballant dans un joli papier cadeau bleu étoilé.
Il est très dommage que l’Europe n’ait pas voulu saisir cette chance historique qui lui aurait permis d’affirmer son efficacité et, partant, sa légitimité. Quels effets gigantesques aurait eu un vrai plan de relance européen, mobilisant en les articulant les ressources nationales et recourant en même temps à un emprunt européen massif, par le biais de la BEI !
Mais, pire encore, l’Europe bruxelloise empêche les Etats-nations de palier sa propre incurie, en maintenant « en tendance » l’objectif des contraintes de Maastricht, auxquelles les pays-membres devront dès 2011 se conformer à nouveau… En clair : « Relancez autant que vous voulez, mais pas trop, pas trop longtemps et puis… soyez sous les 3% dès 2011 ! » Dans le genre contradictoire et paralysant, on ne saurait mieux faire. A nouveau l’UE ne fait pas, fait mal et empêche les Etats de faire. Et il y en a encore qui prétendent pompeusement que « l’union fait la force »…
La réforme de l’audiovisuel public vaut, elle aussi, son pesant de mensonge et de mystification. Certes, il est louable de vouloir mieux gérer la télévision publique en rationalisant ses structures. Il est également souhaitable de supprimer une partie de la publicité de ses antennes, ainsi que DLR l’avait réclamé, à tout le moins pour les publicités alimentaires durant les programmes pour les enfants et les jeunes.
Mais bien sûr, pour être cohérent, cela implique une réelle mobilisation de moyens pour compenser les pertes de ressources - voire les remettre à niveau (par rapport à la BBC britannique ou à la ZDF allemande) – afin de maintenir et même redresser la vocation qualitative de la radio-télévision française.
Mais hélas, rien de tout cela dans la politique de l’Elysée : une recherche presque « punitive » de compression tous azimuts de la dépense publique, conjuguée à la volonté de faire plaisir aux amis du Président (auxquels, cette fois, sera offerte sans contrepartie réelle la manne publicitaire prise à France Télévision) et assortie, en l’espèce, d’une volonté de mise au pas sans précédent des médias. Comment comprendre autrement l’acharnement de Nicolas Sarkozy à vouloir nommer personnellement le futur directeur unique de France Télévision ? Comme si, à défaut de pouvoir convaincre les esprits, on cherchait purement et simplement à les endoctriner… Espérons que les journalistes de France Télévision, de radio France (mais aussi ceux de l’AFP, prochains sur la liste) sauront se mobiliser pour empêcher ce nouveau recul, majeur celui-là, de notre démocratie !
Enfin, que dire de l’instauration du travail dominical ? Le bon sens comme l’analyse plus poussée des choses conduisent à en rejeter le principe même, à quelques très rares exceptions près. C’est bien pourquoi tant de parlementaires UMP et Nouveau Centre ont finalement déterré la hache de guerre contre le gouvernement. Ces parlementaires courageux - excédés ? – ne doivent pas se laisser impressionner par les menaces des ténors de la Sarkozie, car une immense majorité de Français les soutient. Ils ont bien compris qu’on ne fera pas plus de croissance avec cette mesure, qu’on ne s’en tiendra pas dans les faits à une démarche reposant purement sur le volontariat, mais qu’on déstructurera un peu encore une société déjà mise à rude épreuve par la crise naissante…
Ainsi donc, la semaine écoulée a ressemblé à celles qui l’ont précédée : l’impuissance publique mène à la démagogie et la démagogie, à la volonté de contrôler les esprits. Mais tout cela aura une fin. C’est à cette fin, pour que la France connaissent enfin le nouveau départ auquel ils aspirent, que Debout la République contribuera désormais en tant que formation politique à part entière.
A très bientôt.
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24.10.2008
L'Etat au service des banques ?
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Alors qu’il y a encore quelques semaines nos banques étaient censées être les plus solides du monde, le gouvernement ne cesse d’annoncer des mesures en leur faveur.
Outre la décision des chefs d’Etats européens de garantir les crédits interbancaires pour leur permettre de se prêter à nouveau entre elles, Mme Lagarde a annoncé hier soir, lundi 20 octobre, le déblocage de 10 milliards sous forme de prêt. Cette somme considérable s’ajoute aux 22 milliards mobilisés - pour soi-disant aider les banques à financer les PME - à partir des fonds de la Caisse des Dépôts et Consignations. 5 milliards seraient d’ores et déjà disponibles via OSEO la banque publique qui a pour mission de soutenir l’innovation et la croissance dans les PME. 17 autres milliards auraient été virés par la Caisse des Dépôts et Consignations en deux fois (8 milliards le 15 octobre, 9 milliards le 21 octobre) selon le journal le Monde. Ce dernier ajoute que les pouvoirs publics et la Fédération française de banques n’ont pas encore signé la convention qui doit permettre d’en suivre l’utilisation !
Cette précipitation du gouvernement peut s’expliquer par la gravité de la crise et les moments de panique boursiers. En revanche, l’opacité qui règne dans les relations entre l’Etat et les banques ne peut qu’inquiéter.
De deux choses l’une, soit les établissements français n’ont pas de difficulté et pourquoi alors déverser de telles sommes (les 40 milliards de fonds propres représente 2,1% du PIB, pour un secteur bancaire pesant 2,6% du PIB !), soit leur situation est périlleuse et pourquoi alors ne pas exiger une nationalisation même partielle et temporaire accompagnée d’un changement de stratégie et de direction ?
On peut comprendre, pour éviter des mouvements de retrait en chaîne, la nécessaire discrétion de Bercy. Mais se donne-t-on vraiment les moyens de savoir ? Plusieurs questions méritent de toute urgence une réponse.
- La Banque de France et le gouvernement ont-ils un état précis, banque par banque, des risques réels ? La moindre des choses serait de voter une loi qui oblige, sous peine de poursuites pénales, les dirigeants à communiquer les détails de leurs engagements. De surcroît, il y a suffisamment d’inspecteurs des finances et de contrôleurs d’Etat qui pourraient être missionnés dans chaque direction pour faire un état des lieux, notamment de leurs engagements dans les hedge funds et les paradis fiscaux
- Pourquoi prêter de l’argent aux banques, renforcer leurs fonds propres ou leur transférer des fonds de la Caisse des Dépôts et Consignations sans prendre une part du capital ? Car qui paye, en l’occurrence le contribuable, doit contrôler ! Comment ne pas voir non plus que les promesses faites lors de l’annonce de la mobilisation des 40 milliards d’euro au profit des banques, ne seront pas tenues ? Il avait été question en contrepartie de cette aide astronomique d’une prise de participation directe dans le capital et les décisions des banques ! Or avec ce prêt de 10 milliards, il n’en est rien ! Faut-il comprendre que les banquiers français sont des libéraux dogmatiques, hostiles par idéologie à toute nationalisation, alors même que leurs homologues britanniques et américains, plus pragmatiques eux, s’y résolvent ? Faut-il comprendre qu’ils mènent les représentants de l’Etat par le bout du nez ? Comment admettre que la puissance publique, par le mécanisme retenu, évite à des actionnaires défaillants une dilution du capital et une diminution des dividendes ? L’Etat serait-il au service des banques plutôt que de la collectivité ? A cet égard, il paraît pour le moins incompréhensible que l’Etat soit minoritaire au sein même de la structure de refinancement créée pour l’occasion.
En définitive, le flou qui règne sur ce sauvetage bancaire ne peut qu’inquiéter et donc scandaliser à terme un peu plus nos concitoyens. Au-delà des grands discours du président de la République, de quelques sanctions très provisoires (le Directeur Général des Caisses d’Epargne deviendrait Président du Crédit Foncier), l’oligarchie politico-financière du pays montre le visage d’une toute petite minorité essayant de sauver les meubles aux frais du contribuable et dans son dos.
Et pendant ce temps-là, rien de probant sur la lutte contre les paradis fiscaux, le contrôle public des agences de notation, l’interdiction franche et réelle des hedge funds ou des revenus indécents que s’adjugent les profiteurs de la finance. Enfin et surtout rien pour redresser durablement une économie réelle qui a plus que jamais besoin d’une gestion keynésienne, notamment par un grand plan d’investissement européen.
Loin d’une reprise en main de l’économie par les politiques, les mesures prises s’apparentent davantage à une privatisation de l’Etat au profit de ceux qui ont mis hier les peuples sur la paille et s’apprêtent aujourd’hui à les mettre à la rue. Un Etat qui vient au secours du marché et qui en est devenu l’otage ! A suivre, et de près…
06:55 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : etat, banque, france, nda, sarkozy, ump
14.10.2008
Crise : assez d’hypocrisie !
Marianne, édition du 11 octobre 2008
Le bal des hypocrites
Pour éteindre l’incendie de la crise financière il est nécessaire d’intervenir massivement. Pour autant, on ne peut s’empêcher d’éprouver de la gêne, pour ne pas dire un profond sentiment de révolte, à l’idée que les centaines de milliards d’euros déversés dans le système puissent simplement servir à le requinquer pour qu’il reproduise de plus belle les mêmes abus.
Cela reviendrait tout simplement à remettre de l’essence dans une voiture qui n’a pas de freins. A-t-on vraiment envie de récompenser les spéculateurs et les dirigeants bancaires défaillants, eux qui pendant plusieurs décennies ont justifié le pressurage des salariés et des consommateurs, au nom de la sacro-sainte création de valeur ?
Mettons fin à cette hypocrisie générale. Si l’on veut vraiment sauver l’économie mondiale, il faut d’une part la moraliser et d’autre part la relancer.
En dépit des beaux discours, on en est très loin !
Pour vraiment moraliser et donc réguler la sphère financière, il faudrait tout d’abord que le pouvoir politique reprenne le pouvoir sur le monde économique et financier. Le G4 s’est réuni à Paris mais ni Nicolas Sarkozy ni Angela Merkel n’ont, par exemple, désavoué le Commissaire Mc Creevy qui s’est opposé il y a à peine deux semaines au vote quasi unanime du Parlement européen en faveur de l’encadrement des hedge funds ! De même, on aide des banques qui continuent d’opérer à partir des paradis fiscaux !
Enfin pour se disculper de leur inaction, les dirigeants nationaux se retranchent derrière la nécessaire coopération européenne. Celle-ci étant quasi impossible, les vrais responsables peuvent dormir tranquille !
Or, il est faux de dire que rien ne peut être fait au niveau national ! Le 9 septembre dernier, le Parlement néerlandais a le premier voté une loi taxant fortement les excès de rémunération des dirigeants d’entreprises. En France pourtant, les traders continuent depuis plusieurs années de bénéficier d’un régime de faveur pour leurs primes exceptionnelles ! Pire, pour financer le RSA, le gouvernement a préféré taxer l’épargne des Français plutôt que d’aligner sur le régime général de l’impôt sur le revenu, les plus-values de ceux qui exercent leurs stock-options. Enfin quant à la loi sur les parachutes dorés on attend… les propositions du MEDEF !!
La même passivité l’emporte face à la récession qui s’amplifie. Il ne sert à rien de déverser des milliards d’aides aux banques si la relance de l’économie ne permet pas aux entreprises d’investir et de produire et aux particuliers de consommer. Souvenons-nous de la leçon de Keynes : il faut un équilibre raisonnable et dynamique entre l’offre et la demande sans quoi le système capitaliste court à sa perte faute de consommateurs solvables. La crise d’aujourd’hui due à un excès d’endettement pour cause d’insuffisance de salaires vient confirmer cette loi de manière éclatante.
C’est pourquoi aucune relance ne sera efficace sans revoir le cadre économique mondial. La mondialisation-clochardisation qui éreinte les économies développées et qui déséquilibrent les pays émergents depuis une quinzaine d’années doit être remise en cause. Au libre-échange sauvage qui nivèle tout par le bas, il faut enfin préférer la mise en place de zones régionales de libre échange, commerçant raisonnablement les unes avec les autres et pratiquant en interne de vigoureuses politiques de développement économique. Cela implique donc le bouleversement radical d’une construction européenne dogmatique, pour enfin garantir une monnaie utile à la croissance et des règles de marché favorables à l’innovation, à la hausse des salaires et aux PME.
Or, là aussi les dirigeants européens font semblant d’agir. Contrairement à ce qui est répété sur toutes les télévisions en Europe, le ralentissement économique a précédé la crise financière. Avec un euro surévalué qui entraîne des délocalisations massives, des taux d’intérêt trop élevés, l’absence de préférence communautaire et l’interdiction d’une vraie politique industrielle, comment notre continent pourrait-il s’en sortir dans la mondialisation sauvage d’aujourd’hui ? Réforme du statut de la Banque centrale européenne et programme de grands travaux par la Banque européenne d’investissement, on connait pourtant les solutions. Le Président Sarkozy pourra-t-il longtemps préconiser une politique et se coucher devant ses partenaires, notamment allemands, pour subir celle qu’il ne cesse de dénoncer ?
C’est pourquoi, sans attendre nos partenaires, la France peut et doit prendre des mesures propres pour atténuer le choc de la crise. La création d’un fond de garantie pour les PME, le remplacement du dispositif sur les heures supplémentaires (qui se concentre sur les emplois existants) par la suppression de charges sur les nouveaux emplois des PME (potentiellement très créatrices d’emplois), ou encore l’adossement de certains prêts aux particuliers à la Caisses des dépôts et consignations,… comme le fait la CDC allemande pour soutenir les investissements écologiques des particuliers. Trois mesures simples, parmi d’autres, qui pourraient limiter les dégâts.
En définitive aujourd’hui les chefs d’Etat sont au pied du mur. Comme dans toutes les crises majeures, ils ne peuvent plus faire semblant, mentir aux peuples et se mentir à eux-mêmes. La loi implacable et dramatique de l’Histoire les oblige à agir sauf à se faire emporter par une vague de troubles sociaux et politiques !
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du parti gaulliste Debout la République
07:40 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marianne, sarkozy, merkel, nda, crise
09.10.2008
Triste anniversaire de la Vème République hier à l'Institut
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Hier après-midi, j’ai assisté à l’Institut de France à la célébration du 50ème anniversaire de la Constitution de 1958.
Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, a prononcé un remarquable discours sur l’œuvre du général de Gaulle et de Michel Debré.
Le Président Sarkozy, en réponse, n’a fait que plaider pour sa propre réforme institutionnelle. Comme d’habitude, il a parlé de lui plutôt que de parler de la France. Sous prétexte que le général de Gaulle a modifié la Constitution en 1962, quatre ans après son instauration, Nicolas Sarkozy s’est dit autorisé à « agir ». Eloge permanent du « bougisme » - « je bouge, donc je suis » - qui passe à côté de l’essentiel : le sens de l’action.
Comme d’habitude, pour se disculper de détricoter l’œuvre du fondateur de la Vème, l’actuel Président a assimilé la fidélité au Général à une vulgaire « nostalgie » et s’est autoproclamé « moderne ».
Bref, ce fut hier du Sarkozy pur-jus. On se souvient que Charles de Gaulle a eu ce propos aussi prophétique que facétieux : « Tout le monde a été, est ou sera gaulliste. » Mais a-t-il imaginé que ses adversaires allaient à ce point se réclamer de lui pour détourner, pour mettre par terre, son principal legs ?
10:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : v, republique, sarkozy, nda
25.09.2008
Si le berger laisse entrer le loup dans la bergerie, c'est au berger qu'il faut demander des comptes !
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Le Président de la République à la tribune de l’ONU a fustigé ceux qui, après s’en être mis plein les poches, refusent de payer la note. La remarque est juste. Mais cela peut-il suffire ?
Il faut surtout s’interroger sur la dérégulation généralisée qui a permis la multiplication des « déviances » bancaires et financières. Et là, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu Nicolas Sarkozy, sauf durant la campagne présidentielle, fustiger la logique folle du toujours moins d’Etat, qui explique aujourd’hui pourquoi l’incendie se propage dans le monde entier à une telle vitesse et avec de tels dégâts !
Bien évidemment, la France ne peut pas tout, toute seule. Pour autant, qu’attend-t-on par exemple pour mettre à contribution les stocks options pour financer le RSA ? Cela suffirait à remplacer la taxe de 1,1% sur les épargnants français, dont l’immense majorité appartient aux classes moyennes et populaires !
De même, pourquoi avoir laissé les Caisses d’Epargne partir dans cette fuite en avant financière ? Les déboires de Natixis, dont l’aveuglement des prévisionnistes n’a d’égal que l’incroyable crédit que continue de leur prêter les médias spécialisés pour commenter la crise, sont à cet égard très choquants.
Pourquoi ne pas proposer des agences de notation publiques ? Pourquoi cette pusillanimité face à la Commission de Bruxelles à propos du nécessaire encadrement de l’activité des fonds spéculatifs, voulu aussi bien par Paris que par Berlin ?
Les propositions ne manquent pas pour moraliser et assagir les marchés. La Présidence française de l’Union aurait pu s’enorgueillir de proposer très vite à ses partenaires des premières décisions.
Mais plus important encore, il est urgent pour les Européens d’éteindre l’incendie avant qu’il n’entraîne une récession terrible en zone euro. Le paradoxe serait que les Américains, principaux responsables de la crise, l’exportent tout en la maîtrisant chez eux.
Sur ce terrain aussi, le silence de la France est assourdissant. Comment accepter le comportement de la Banque Centrale européenne qui, en maintenant des taux d’intérêt si élevés, étouffe davantage encore une reprise déjà malmenée par la conjoncture ? L’octroi massif de liquidités n’a pour le moment servi qu’à sauver la mise à des établissements financiers pourtant grands responsables de la crise, pas un centime n’a été déboursé pour soutenir l’économie réelle, l’emploi ou le pouvoir d’achat des Européens !
En France, en Allemagne, le taux d’épargne des ménages est important. Il faut s’appuyer sur cela pour restaurer au plus vite la confiance et éviter la récession. Tous les économistes le reconnaissent aujourd’hui. Il serait ainsi possible à l’échelle européenne de lancer un grand emprunt, style Pinay, qui permettrait de financer un programme de grands travaux, comme des projets industriels et environnementaux. Mieux, la Banque Européenne d’Investissement, garantie par les Etats membres de l’UE, pourrait s’endetter pour financer un tel plan Marshall. Ce serait au passage le meilleur moyen de revaloriser aux yeux des citoyens une construction européenne dont les dirigeants ne cessent de déplorer le discrédit, tout en s’interdisant d’en corriger les graves dérives.
Enfin, le fiasco du bonus-malus, qui a vu le président de la République faire machine arrière toute sur ses promesses écologiques, pose un double problème : de méthode d’abord, il aurait fallu poursuivre le Grenelle par des Etats généraux de la fiscalité écologique, transparents et ouverts à tous. Mais un problème de cap, aussi : Nicolas Sarkozy doit s’expliquer sur le sort qu’il compte désormais réserver à sa politique écologique ambitieuse, dont la France s’est prétendue la championne depuis un an et qui devait être exemplaire pour nos voisins, à l’heure de la présidence française de l’Union.
Mais il est sans doute plus facile de rechercher des boucs émissaires - surtout qu’on ne les trouvera jamais, puisque les responsabilités sont à tous les étages de ce système capitaliste fou - que d’exercer et assumer un pouvoir politique qui, seul, peut et doit changer la donne !
Car, comme le faisait remarquer malicieusement un banquier le 23 septembre 2008, après l’effondrement des marchés financiers et les déclarations de Nicolas Sarkozy demandant de sanctionner les responsables, « les responsables ne sont pas les marchés, dont la mission n'a jamais été le bien public, mais les États chargés d'édicter les règles du jeu ! » Et de les faire respecter, serait-on tenté d’ajouter…
Les vrais fautifs, ce sont les politiques qui ont accompagné, voire voulu, ce recul de la puissance publique qui, aujourd’hui, donne tant de pouvoir aux multinationales cotées en bourse. Ce sont eux les responsables du dépècement de la société par les entreprises privées. On ne peut pas accuser le loup d’entrer dans la bergerie pour dévorer les moutons, il est programmé pour cela. C’est bien sûr au berger qu’il faut demander des comptes, surtout si ce dernier a, en sifflotant, laissé toute grande ouverte la porte de la bergerie.
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21.05.2008
Turquie : la présidence française de l’UE ne fera rien contre les négociations d’adhésion
Turquie : la France « n’a pas l’intention de briser la négociation »
Le secrétaire d’Etat aux affaires européenne Jean-Pierre Jouyet a annoncé que la France n’entraverait pas le processus d’adhésion de la Turquie durant sa présidence de l’Union durant le deuxième semestre 2008. M. Jouyet affirme que la France « n’a pas l’intention de briser le processus de négociation actuellement en cours ». En réponse aux inquiétudes du ministre des Affaires étrangères Turc Ali Babacan – qui espère que la présidence de la France ne sera pas synonyme d’un ralentissement du processus d’adhésion de son pays – M. Jouyet souligne que la présidence française se voudra « objective, impartiale et réfléchie ». Les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ont débuté en 2005 et six des trente-cinq chapitres ont été ouverts et reçu l’approbation de Bruxelles. Pour sa part, le commissaire à l’élargissement de l’UE, Olli Rehn, a insisté sur le fait que « les négociations sont lentes mais continuent, même si elles pourraient être plus rapides. Les négociations dépendent de l’avancement des réformes légales et démocratiques mises en place dans le but de créer une société plus ouverte ». Cet « intérêt des 27 », distinct de celui du Président, consisterait selon Jouyet, à laisser ouvertes deux « voies pour la Turquie » : l’adhésion ou un partenariat privilégié, option toutefois totalement exclue par Ankara et Bruxelles. La difficulté pour Nicolas Sarkozy, est de ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique, majoritaire en France, et qui a contribué à le faire élire, tout en ne désavouant pas la position pro-turque de ses ministres de gauche M.M Kouchner et Jouyet, qui plaident pour l’adhésion. Le président aurait donc accepté l’amendement de deux de ses fidèles, Frédéric Lefèvre proposant de rendre obligatoire un référendum pour les pays n’étant pas « géographiquement » en Europe, et Patrick Devedjian (secrétaire général de l’UMP) qui veut maintenir le référendum obligatoire pour toute adhésion de pays « non européens ». L’Assemblée commence cette semaine l’examen du projet de révision constitutionnelle.
Lundi 19 Mai 2008
Source : observatoire de l’Europe
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19.05.2008
Fin de la relation spéciale entre la France et le Québec : les réactions se multiplient
Charest sera reçu à l’Élysée
CHRISTIAN RIOUX Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mai 2008
L’amitié de Sarkozy pour le Canada suscite la controverse en France Paris — En arrivant hier à Bordeaux pour une visite de quatre jours en France, Jean Charest ne se doutait pas qu’il débarquait en pleine controverse. Le premier ministre du Québec a aussitôt annoncé qu’il sera reçu lundi par le président Nicolas Sarkozy après avoir passé deux jours à Bordeaux pour célébrer les fêtes du 400e. La rencontre, qui ne figurait pas au programme, n’aurait été confirmée qu’en fin d’après-midi hier. Une semaine seulement après la polémique autour de la présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean au lancement des fêtes du 400e à La Rochelle, Jean Charest dit voir dans cette nouvelle rencontre le témoignage que la relation « directe et privilégiée » entre la France et le Québec atteindra cette année de « nouveaux sommets ». Accusé par le PQ et l’ADQ d’avoir été absent à La Rochelle, Jean Charest arrive pourtant en France au moment même où la nouvelle position du président français envers le Québec commence à susciter la controverse dans ses propres rangs. L’abandon présumé de la politique traditionnelle dite de « non-ingérence et non-indifférence » à l’égard du Québec est en effet loin de faire l’unanimité.
Le Devoir a appris que la nouvelle politique de Nicolas Sarkozy plaçant les relations avec Québec et Ottawa sur un pied d’égalité a profondément irrité plusieurs personnalités depuis longtemps attachées au Québec, notamment l’actuel président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et même l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui recevait hier le premier ministre Jean Charest à Bordeaux.
Tout en prétendant ne pas « se mêler de ce débat », M. Juppé a d’ailleurs ouvertement contredit hier le président Sarkozy en affirmant que si « le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits », les Québécois sont « un peu plus que des amis, ce sont des frères ». Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait au contraire bien pris soin de mettre le Canada et le Québec sur un strict pied d’égalité : « On aime le Québec. Mais on aime le Canada. On aime les deux », avait-il déclaré.
Depuis quelques semaines, plusieurs élus ont confié leur désaccord à l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à ébruiter publiquement les intentions du président. Alain Juppé n’est en effet pas le seul à égratigner la nouvelle position de Nicolas Sarkozy. De nombreux élus, à droite comme à gauche, s’expliquent mal ce reniement de la tradition gaulliste.
« Les Français sont profondément attachés au Québec et je crois qu’ils sont aussi malheureux que les Québécois de cette dérive », a dit le député de droite Nicolas Dupont-Aignan. Selon lui, en abandonnant la politique traditionnelle formulée par le général de Gaulle et reprise par tous les gouvernements français depuis, Nicolas Sarkozy exprime une opinion minoritaire. « Rien n’est joué », affirme d’ailleurs le député de l’Essonne, qui estime que le débat sur cette question n’a pas vraiment eu lieu en France.
« Ne croyez pas que les Français ont changé ! C’est malheureusement leur président qui dénature le message français. Je peux vous assurer que les élus et le peuple français ne sont pas de son avis. Je crains que le lobby anglo-saxon qui influence le président de la République n’abîme les relations franco-québécoises. »
Dissident depuis peu du parti de Nicolas Sarkozy (UMP), Nicolas Dupont-Aignan appartient à la frange dite souverainiste de la droite française. Il attribue ce changement de politique au rapprochement de la France avec les États-Unis et le Canada. Selon lui, le Québec ferait « les frais » de la nouvelle implication de la France en Afghanistan, où celle-ci est allée prêter main-forte au Canada. M. Dupont-Aignan souligne aussi le peu d’intérêt manifesté jusqu’à présent par Nicolas Sarkozy pour la défense de la langue française.
« Sarkozy a abandonné la langue française en faisant ratifier le protocole de Londres sur les brevets favorisant l’usage de l’anglais, dit-il. Et, pour la première fois cette année, un chanteur français chantera en anglais à l’Eurovision, ce qui suscite l’indignation en France. » La rupture avec la tradition gaulliste en politique étrangère compte pour beaucoup dans la chute de popularité du président, dit-il. « Jamais un président n’a été aussi impopulaire aussi rapidement depuis le début de la Ve République. »
Même si la plupart des élus hésitent à exprimer aussi clairement leurs divergences pour l’instant, à droite comme à gauche, plusieurs partagent la préoccupation de Nicolas Dupont-Aignan. « Le débat est loin d’être clos », nous ont confié plusieurs proches du Québec en France, issus de toutes les familles politiques et qui gardent espoir de pouvoir infléchir l’opinion du président d’ici sa visite officielle au Québec, en octobre prochain.
Joint alors qu’il partait pour le Québec, le représentant personnel du président de la République auprès de la Francophonie, Christian Philip, tentait de minimiser ce changement d’attitude. « Ce qui compte, ce sont les actes, a-t-il dit. Je ne vois pas d’inflexion de la politique française. » Selon lui, « le Québec et la France représentent toujours le premier pôle de la Francophonie ». Il s’agit d’un vocabulaire jamais utilisé à ce jour par Nicolas Sarkozy pour parler du Québec.
Même ton réservé chez l’ancien ambassadeur Bernard Dorin, vieil ami du Québec de tradition gaulliste et militant de la francophonie. « Apparemment, le discours de Nicolas Sarkozy semble mettre le Québec et le Canada sur un pied d’égalité, a-t-il dit. En apparence, la France a l’air de jouer sur les deux tableaux. Mais je crois qu’il ne faut pas s’emballer simplement sur des mots. Il faudra voir la politique qu’il y aura derrière. Je ne crois pas que la politique de la France à l’égard du Québec ait changé pour l’essentiel. J’ai toujours trouvé la formule de la « non-ingérence et non-indifférence » un peu négative. Mais je ne crois pas qu’on en ait trouvé une nouvelle. »
Compte tenu du faible de Nicolas Sarkozy pour les formules-chocs, plusieurs familiers des relations France-Québec s’inquiètent de ce qu’il pourrait dire lors de sa visite officielle, à l’automne. « L’homme est imprévisible », a dit le spécialiste québécois des relations internationales André Patry. Selon cet ancien conseiller politique, « le Canada a gagné du poids sur la scène internationale. Quant au Québec, il joue un rôle moins important. Nous ne pouvons pas demander à la France de faire ce que nous ne faisons pas ».
Nicolas Dupont-Aignan affirme que son inquiétude est partagée aussi bien par des députés de droite que de gauche. « Tout l’enjeu maintenant pour beaucoup d’amoureux du Québec en France, et ils sont nombreux, c’est de contrecarrer cette tendance et d’alerter l’opinion française pour que cela ne se fasse pas dans la discrétion. Rien n’est joué, et nous pouvons susciter, à l’occasion de ce 400e anniversaire de Québec, un bel élan mutuel. »
14:20 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : quebec, france, sarkozy
25.04.2008
Réaction à l'émission "En Direct de L'Elysée"
08:06 Publié dans video | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réaction, elysee, nda, sarkozy
24.04.2008
Suppression du référendum obligatoire : une nouvelle trahison
Suppression du référendum obligatoire : une nouvelle trahison
La réforme des institutions, adoptée ce jour en Conseil des Ministres, prévoit la suppression de l’obligation de référendum pour toute nouvelle adhésion à l’Union Européenne.
Après avoir fait campagne sur le refus de l’adhésion de la Turquie, Nicolas SARKOZY veut faire sauter le verrou du référendum qui en constituait pourtant le principal blocage.
Non content d’avoir refusé de consulter les Français sur le traité de Lisbonne, qui reprenait l’essentiel de la Constitution Européenne rejetée par le référendum du 29 mai 2005, le Président de la République s’apprête à demander maintenant aux Parlementaires de la Majorité de renier l’un de ses principaux engagements présidentiels.
Le Président de Debout La République, Nicolas DUPONT-AIGNAN, en déplacement à Marseille les 24 et 25 avril à l’occasion de la commémoration du Génocide Arménien, appellera tous les Députés et Sénateurs de la Majorité à refuser d’être complices de cette trahison.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne Président de Debout La République
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18.04.2008
Réduction des allocations familiales : DLR s’inquiète du recul d’une politique nécessaire et enviée à l’étranger
Réduction des allocations familiales : La réforme oui, l’injustice non !
Une mauvaise nouvelle ayant pris l’habitude de chasser la précédente, le gouvernement vient de confirmer qu’il rognerait sur les allocations familiales, en refondant le système de majoration actuel pour les enfants de 11 et 16 ans.
A l’heure où toutes les inquiétudes se concentrent légitimement sur le pouvoir d’achat, cette politique comptable de la réduction de la dépense publique est un très mauvais signal pour les familles et les classes moyennes :
Pour les familles, car il s’agit ici de la remise en cause méthodique d’une politique familiale unique au monde et enviée par de nombreux pays voisins. Pourquoi porter atteinte à ce qui est nécessaire et qui marche ? Le président de la République devrait plutôt concentrer son énergie sur ce qui ne marche pas dans notre pays.
Pour les classes moyennes, qui sont les premières victimes de la précipitation brouillonne du gouvernement.
Réformer oui, se précipiter dans le désordre et l’injustice non !
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République
07:24 Publié dans Communiqué de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allocations, familiales, sarkozy, france




