11.07.2008

Le Livre noir de la Défense.

Tribune publié dans Valeurs Actuelles, le 10 juillet 2008

Le Livre blanc, qui fixe la doctrine et les priorités pluriannuelles des armées, est un document important versé au débat essentiel sur la Défense nationale, garantie de notre sécurité et levier de notre politique étrangère.

De ce point de vue, le Livre blanc 2008 renouvelle la pensée stratégique française, en définissant les nouvelles menaces qui pèsent sur notre pays et en pointant sans tabou les insuffisances – retard d’investissement, saupoudrage géographique des forces de projection,… - que l’on a laissé au fil du temps se développer dans les armées. Il reprend ainsi à son compte la préoccupation légitime de l’adaptation et de la rationalisation de l’outil de défense, afin de lui ménager des marges de manœuvre et une capacité nouvelle de redéploiement. Il en énumère également les priorités : l’anticipation, la dissuasion, la protection, l’intervention, l’interopérabilité et le renseignement.

« Objectif atteint », serait-on ainsi tenté de dire à ce stade de l’analyse. Hélas, cet authentique Livre blanc pour ce qui concerne le diagnostic, vire étrangement au noir dès lors qu’on se penche sur les solutions qu’il préconise… Comme pris de schizophrénie, il propose deux orientations totalement contradictoires avec la diversité des menaces qu’il détaille.

La première est la réduction du format des armées. Déjà diminuée après la réforme de la professionnalisation initiée par Jacques Chirac, la défense de notre pays serait sérieusement amputée si l’on suivait ses propositions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si l’on mettait en œuvre les prescriptions du Libre blanc (stabilité des dépenses militaires en volume jusqu’en 2012, augmentation d’1% par an au-delà), notre effort de défense baisserait de 2,41% du PIB aujourd’hui, à 2% dans 5 ans. Nous nous placerions alors dans la division de l’Allemagne et de l’Italie. Car n’oublions pas que si l’on ôte les pensions (8,92 milliards d’euros, soit 0,48% du PIB) et les dépenses de la gendarmerie (5 milliards d’euros, soit 0,27% du PIB), nous nous situons aujourd’hui, en comparaison OTAN, seulement à 1,64% du PIB. Dans 5 ans nous serions descendus à 1,22%, soit à peine le niveau de l’Allemagne mais avec des obligations opérationnelles bien plus lourdes.

L’accent légitime porté sur le renseignement et le spatial sur lequel le Ministère a habilement communiqué ne suffira pas. En effet, comme l’affirment les militaires eux-mêmes : « Savoir sans pouvoir, ne sert à rien ». Abandon aux calendes du second porte-avions, réduction de notre aviation de combat, diminution importante de notre présence en Afrique (le « continent de l’avenir ») ou encore cure d’amaigrissement sans précédent de l’armée de terre, la France ne pourra plus jouer son rôle.

La seconde faute, cohérente d’ailleurs avec la première, est la réintégration complète de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN. Une réintégration dont on ne voit pas les avantages mais dont on ne connaît que trop les inconvénients.

Les bénéfices sont inexistants car ce retour est précipité et contraint par l’impasse budgétaire. Et quel sera le poids d’une France qui réduit son effort de défense par rapport à un Royaume-Uni qui l’augmente ?

Comment ignorer que la contrepartie sine qua non réclamée initialement sur l’Europe de la Défense, a disparu ? Comment ne pas s’interroger, à l’instar d’Alain Juppé, sur ce qui ressemble de plus en plus à un marché de dupes ?

Alors même que nous sommes déjà acteurs de l’Alliance atlantique, avait-on besoin de donner davantage de gages à une organisation dépassée, devenue au fil du temps une police internationale aux ordres de Washington ?

Le Général de Gaulle avait anticipé, il y a 50 ans, l’avènement d’un monde multipolaire. C’est pourquoi il avait voulu que la France se dote des moyens industriels, scientifiques et militaires à la hauteur d’une politique étrangère indépendante et s’adressant à tous les peuples de la Terre.

Ce monde apparaît sous nos yeux, il a besoin plus que jamais - l’affaire irakienne l’a prouvé - d’une France libre et d’une Europe indépendante… Et que faisons-nous ? Par faiblesse, nous réduisons la voilure et confions à d’autres le fardeau !

Comment les Français, et surtout les autres Européens, se convaincront-ils de la nécessité d’un effort de défense ambitieux, dès lors que la France, en principe la première avocate de cette politique, y renonce elle-même ? Contresens historique et politique total ! Comme je l’ai indiqué lors de mon intervention à l’Assemblée nationale (à lire ICI) , une autre politique de la Défense est pourtant possible…

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste l’Essonne Président de Debout la République

Discours devant le parlement européen : l’impasse Sarkozy

C’est en parallèle de la très médiatique sortie de l’album de la «première dame » que Nicolas Sarkozy a lui aussi essayé de vendre son disque, rayé, sur l’avenir de la construction européenne devant le parlement de Strasbourg.


Enfilant les perles avec minutie, il a, entre autres, déclaré :


  • qu’il n’y aura pas de renégociation du traité de Lisbonne, confirmant ainsi l’aveuglement des élites face à la volonté des peuples.
  • que les élections de juin 2009 pourraient se faire « sur la base du traité de Lisbonne … » donc en dehors de tout cadre légal, « …ou du traité de Nice ». Comme ça il était à peu près sûr de ne pas se tromper.
  • que la défense européenne sera pensée avec l’OTAN comme symétrique ("Ce n'est pas l'OTAN ou la politique européenne de défense, c'est les deux"), parachevant la mise sous tutelle américaine de la politique européenne de défense. Gorges Bush saura apprécier…
  • que la retraite et la santé sont d’abord de dimension nationale, enterrant temporairement le serpent de mer de l’Europe sociale qui ne manquera pas d’être exhumé par le PS, l’UMP et les centristes lors des prochaines élections européennes.

Fidèle à lui même, le président Sarkozy a caressé dans le sens du poil les eurocrates qui n’en demandaient pas tant, notamment sur l’élargissement sans fin de l’UE, annonçant l’intégration prochaine de la poudrière Balkanique. N’oubliant pas son habituel poncif de la critique au tilleul menthe de la BCE, il s’est bien gardé de dire quelle solution politique concrète est envisageable pour éviter à l’Euro d’aller dans le mur. La seule chose sensée qu’a déclaré le Président à Strasbourg, est que ce n’est pas à la Chine de fixer son agenda. Il a raison, les USA s’en occupent déjà très efficacement.


L’Europe est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux mains des eurobéats. Malheureusement, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans le chemin tracé par les oligarchies non élues, confirmant ainsi l’inutilité de sa présidence … européenne bien entendu.


Les futures élections européennes constituent le grand rendez-vous qui permettra aux citoyens de désavouer clairement cette politique spectacle.

03.07.2008

La France désarmée : Dupont-Aignan

21.05.2008

Turquie : la présidence française de l’UE ne fera rien contre les négociations d’adhésion

Turquie : la France « n’a pas l’intention de briser la négociation »

Le secrétaire d’Etat aux affaires européenne Jean-Pierre Jouyet a annoncé que la France n’entraverait pas le processus d’adhésion de la Turquie durant sa présidence de l’Union durant le deuxième semestre 2008. M. Jouyet affirme que la France « n’a pas l’intention de briser le processus de négociation actuellement en cours ». En réponse aux inquiétudes du ministre des Affaires étrangères Turc Ali Babacan – qui espère que la présidence de la France ne sera pas synonyme d’un ralentissement du processus d’adhésion de son pays – M. Jouyet souligne que la présidence française se voudra « objective, impartiale et réfléchie ». Les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ont débuté en 2005 et six des trente-cinq chapitres ont été ouverts et reçu l’approbation de Bruxelles. Pour sa part, le commissaire à l’élargissement de l’UE, Olli Rehn, a insisté sur le fait que « les négociations sont lentes mais continuent, même si elles pourraient être plus rapides. Les négociations dépendent de l’avancement des réformes légales et démocratiques mises en place dans le but de créer une société plus ouverte ». Cet « intérêt des 27 », distinct de celui du Président, consisterait selon Jouyet, à laisser ouvertes deux « voies pour la Turquie » : l’adhésion ou un partenariat privilégié, option toutefois totalement exclue par Ankara et Bruxelles. La difficulté pour Nicolas Sarkozy, est de ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique, majoritaire en France, et qui a contribué à le faire élire, tout en ne désavouant pas la position pro-turque de ses ministres de gauche M.M Kouchner et Jouyet, qui plaident pour l’adhésion. Le président aurait donc accepté l’amendement de deux de ses fidèles, Frédéric Lefèvre proposant de rendre obligatoire un référendum pour les pays n’étant pas « géographiquement » en Europe, et Patrick Devedjian (secrétaire général de l’UMP) qui veut maintenir le référendum obligatoire pour toute adhésion de pays « non européens ». L’Assemblée commence cette semaine l’examen du projet de révision constitutionnelle.

Lundi 19 Mai 2008

Source : observatoire de l’Europe

19.05.2008

Fin de la relation spéciale entre la France et le Québec : les réactions se multiplient

Charest sera reçu à l’Élysée

CHRISTIAN RIOUX Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mai 2008

L’amitié de Sarkozy pour le Canada suscite la controverse en France Paris — En arrivant hier à Bordeaux pour une visite de quatre jours en France, Jean Charest ne se doutait pas qu’il débarquait en pleine controverse. Le premier ministre du Québec a aussitôt annoncé qu’il sera reçu lundi par le président Nicolas Sarkozy après avoir passé deux jours à Bordeaux pour célébrer les fêtes du 400e. La rencontre, qui ne figurait pas au programme, n’aurait été confirmée qu’en fin d’après-midi hier. Une semaine seulement après la polémique autour de la présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean au lancement des fêtes du 400e à La Rochelle, Jean Charest dit voir dans cette nouvelle rencontre le témoignage que la relation « directe et privilégiée » entre la France et le Québec atteindra cette année de « nouveaux sommets ». Accusé par le PQ et l’ADQ d’avoir été absent à La Rochelle, Jean Charest arrive pourtant en France au moment même où la nouvelle position du président français envers le Québec commence à susciter la controverse dans ses propres rangs. L’abandon présumé de la politique traditionnelle dite de « non-ingérence et non-indifférence » à l’égard du Québec est en effet loin de faire l’unanimité.

Le Devoir a appris que la nouvelle politique de Nicolas Sarkozy plaçant les relations avec Québec et Ottawa sur un pied d’égalité a profondément irrité plusieurs personnalités depuis longtemps attachées au Québec, notamment l’actuel président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et même l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui recevait hier le premier ministre Jean Charest à Bordeaux.

Tout en prétendant ne pas « se mêler de ce débat », M. Juppé a d’ailleurs ouvertement contredit hier le président Sarkozy en affirmant que si « le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits », les Québécois sont « un peu plus que des amis, ce sont des frères ». Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait au contraire bien pris soin de mettre le Canada et le Québec sur un strict pied d’égalité : « On aime le Québec. Mais on aime le Canada. On aime les deux », avait-il déclaré.

Depuis quelques semaines, plusieurs élus ont confié leur désaccord à l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à ébruiter publiquement les intentions du président. Alain Juppé n’est en effet pas le seul à égratigner la nouvelle position de Nicolas Sarkozy. De nombreux élus, à droite comme à gauche, s’expliquent mal ce reniement de la tradition gaulliste.

« Les Français sont profondément attachés au Québec et je crois qu’ils sont aussi malheureux que les Québécois de cette dérive », a dit le député de droite Nicolas Dupont-Aignan. Selon lui, en abandonnant la politique traditionnelle formulée par le général de Gaulle et reprise par tous les gouvernements français depuis, Nicolas Sarkozy exprime une opinion minoritaire. « Rien n’est joué », affirme d’ailleurs le député de l’Essonne, qui estime que le débat sur cette question n’a pas vraiment eu lieu en France.

« Ne croyez pas que les Français ont changé ! C’est malheureusement leur président qui dénature le message français. Je peux vous assurer que les élus et le peuple français ne sont pas de son avis. Je crains que le lobby anglo-saxon qui influence le président de la République n’abîme les relations franco-québécoises. »

Dissident depuis peu du parti de Nicolas Sarkozy (UMP), Nicolas Dupont-Aignan appartient à la frange dite souverainiste de la droite française. Il attribue ce changement de politique au rapprochement de la France avec les États-Unis et le Canada. Selon lui, le Québec ferait « les frais » de la nouvelle implication de la France en Afghanistan, où celle-ci est allée prêter main-forte au Canada. M. Dupont-Aignan souligne aussi le peu d’intérêt manifesté jusqu’à présent par Nicolas Sarkozy pour la défense de la langue française.

« Sarkozy a abandonné la langue française en faisant ratifier le protocole de Londres sur les brevets favorisant l’usage de l’anglais, dit-il. Et, pour la première fois cette année, un chanteur français chantera en anglais à l’Eurovision, ce qui suscite l’indignation en France. » La rupture avec la tradition gaulliste en politique étrangère compte pour beaucoup dans la chute de popularité du président, dit-il. « Jamais un président n’a été aussi impopulaire aussi rapidement depuis le début de la Ve République. »

Même si la plupart des élus hésitent à exprimer aussi clairement leurs divergences pour l’instant, à droite comme à gauche, plusieurs partagent la préoccupation de Nicolas Dupont-Aignan. « Le débat est loin d’être clos », nous ont confié plusieurs proches du Québec en France, issus de toutes les familles politiques et qui gardent espoir de pouvoir infléchir l’opinion du président d’ici sa visite officielle au Québec, en octobre prochain.

Joint alors qu’il partait pour le Québec, le représentant personnel du président de la République auprès de la Francophonie, Christian Philip, tentait de minimiser ce changement d’attitude. « Ce qui compte, ce sont les actes, a-t-il dit. Je ne vois pas d’inflexion de la politique française. » Selon lui, « le Québec et la France représentent toujours le premier pôle de la Francophonie ». Il s’agit d’un vocabulaire jamais utilisé à ce jour par Nicolas Sarkozy pour parler du Québec.

Même ton réservé chez l’ancien ambassadeur Bernard Dorin, vieil ami du Québec de tradition gaulliste et militant de la francophonie. « Apparemment, le discours de Nicolas Sarkozy semble mettre le Québec et le Canada sur un pied d’égalité, a-t-il dit. En apparence, la France a l’air de jouer sur les deux tableaux. Mais je crois qu’il ne faut pas s’emballer simplement sur des mots. Il faudra voir la politique qu’il y aura derrière. Je ne crois pas que la politique de la France à l’égard du Québec ait changé pour l’essentiel. J’ai toujours trouvé la formule de la « non-ingérence et non-indifférence » un peu négative. Mais je ne crois pas qu’on en ait trouvé une nouvelle. »

Compte tenu du faible de Nicolas Sarkozy pour les formules-chocs, plusieurs familiers des relations France-Québec s’inquiètent de ce qu’il pourrait dire lors de sa visite officielle, à l’automne. « L’homme est imprévisible », a dit le spécialiste québécois des relations internationales André Patry. Selon cet ancien conseiller politique, « le Canada a gagné du poids sur la scène internationale. Quant au Québec, il joue un rôle moins important. Nous ne pouvons pas demander à la France de faire ce que nous ne faisons pas ».

Nicolas Dupont-Aignan affirme que son inquiétude est partagée aussi bien par des députés de droite que de gauche. « Tout l’enjeu maintenant pour beaucoup d’amoureux du Québec en France, et ils sont nombreux, c’est de contrecarrer cette tendance et d’alerter l’opinion française pour que cela ne se fasse pas dans la discrétion. Rien n’est joué, et nous pouvons susciter, à l’occasion de ce 400e anniversaire de Québec, un bel élan mutuel. »

10.05.2008

Libre échange et destruction économique et sociale.

04.05.2008

Mai 68 - Nicolas Dupont-Aignan

22.04.2008

Ne soyons pas les moines-copistes du XXIème siècle !

Il y a deux semaines a été votée la loi autorisant la ratification de deux traités de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Je vous invite à suivre ce lien pour en savoir plus à propos de ces textes, vous pouvez aussi retrouver mon discours à la tribune de l'assemblé le jeudi 10 avril, en visionnant la vidéo ci-contre.

Ce qu'il faut retenir c'est que 12 ans après l'élaboration de ces traités qui ont donné la directive EUCD puis la loi dite DADVSI dont on a beaucoup parlé en 2006 (voir à ce sujet une interview que j'ai donné, à l'époque, au journal Le Monde), l'assemblée a fini par boucler la boucle en gravant dans le marbre les principes dictés par des lobbies tels que Microsoft Apple ou Vivendi.

Ce n'est pas très visible sur la vidéo mais il vous faut savoir que, mis à part la présence de deux autres députés, c'est à une assemblée vide que je m'adresse. Sur la fin de mon discours 10 députés UMP s'installent dans l'hémicycle, nous sommes 3 opposants : l'affaire est pliée. A cette ambiance de fin de règne s'ajoutent les interventions aussi inutiles que lénifiantes de la Ministre Yade et du Rapporteur. Cette dernière intervention fut d'ailleurs d'autant plus surréaliste que M. Remiller avait fait partie de ce groupe de députés qui, de gauche comme de droite, s'étaient opposé à loi DADVSI de 2006.

Mais l'affaire ne se termine pas là.

Dans le cadre des directives fixées par le Président de la République, Denis Olivennes ex-PDG de la FNAC - maintenant directeur de la publication d'un hebdo "de gauche" - a été chargé en septembre 2007 d'une mission sur « la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d'œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques ».

Cette mission a abouti à un rapport devenu projet de loi qui devrait être présenté en juin , et quel projet ! Si ce texte est voté, votre vie quotidienne, à vous internaute qui lisez ce blog, serait bouleversée ! Les sanctions instaurées par la loi DADVSI pour dissuader le téléchargement illicite étant inopérantes, la mission Olivennes a inventé un nouveau système de contrôle des internautes que l’on a pudiquement baptisé « riposte graduée ». Cet euphémisme cache en fait un système consistant à imposer aux fournisseurs d’accès internet (FAI) la coupure de l’abonnement internet de leurs clients qui continueraient à télécharger gratuitement des œuvres.

L’idée paraît de bon sens et mesurée, mais dans la pratique cela consisterait purement et simplement à exercer une surveillance continuelle de l’internet en France au moyen d’un logiciel espion, que chaque internaute serait obligé d’installer sur son propre ordinateur sans qu’on sache exactement ce que ledit logiciel surveillera effectivement ! On pourrait ainsi aboutir à la situation ubuesque où l’abonnement internet de toute une famille pourrait être résilié parce que l’un des enfants, à l’insu de ses parents, aurait téléchargé un morceau de musique… Pire, si vous disposez du WIFI, rien n'empêcherait quelqu'un doté d'un bagage technique de s'introduire sur votre réseau sans fil et de faire ce qu'il veut de votre connexion. Et dans ce cas de figure le logiciel gouvernemental serait inopérant.
Enfin, ce texte mettrait en place une soi-disant « autorité indépendante », sous contrôle gouvernemental mais surtout en lien avec les entreprises du secteur, qui serait chargée dans les faits de décider de ce qui est légal ou pas sur internet. Par sa faculté arbitraire d’imposer des résiliation d’abonnements internet, cette « autorité » disposerait du pouvoir exorbitant de décider ce qui est licite ou non sur internet. En démocratie, un tel type de pouvoir ne saurait être exercé que par des magistrats, en aucun cas par les membres d’une corporation ou de lobbies par définition juges et parties !

Au moment où les majors du disques reconnaissent qu’ils ne peuvent plus contrer le téléchargement gratuit et décident en conséquence de participer à des plateformes proposant cette prestation, on se demande vraiment pourquoi le gouvernement se précipite pour mettre en place un système condamné par le bon sens et l’histoire. La révolution numérique permet de copier et de faire partager à l’infini toute œuvre audiovisuelle et c’est là bien entendu un progrès majeur. Il faut donc, contrairement au système Olivennes, ouvrir la voie à un nouveau système de rémunération des auteurs assis sur la licence globale, contribution forfaitaire mensuelle sur chaque abonnement internet. Plutôt que de copier l’internet en Chine, qui a instauré un Big Brother contrôlant à tous les niveaux l’utilisation d’internet et pratiquant une répression impitoyable contre les contrevenants, il faut préparer résolument l’internet du futur, tirer parti de toutes les formidables promesses de la révolution numérique !

Ne soyons pas les moines-copistes du XXIème siècle, étouffant le progrès comme leurs prédécesseurs du XVème siècle qui avaient tenté de maintenir le monopole de leur corporation en essayant de faire interdire l’imprimerie.

18.04.2008

Réduction des allocations familiales : DLR s’inquiète du recul d’une politique nécessaire et enviée à l’étranger

Réduction des allocations familiales : La réforme oui, l’injustice non !

Une mauvaise nouvelle ayant pris l’habitude de chasser la précédente, le gouvernement vient de confirmer qu’il rognerait sur les allocations familiales, en refondant le système de majoration actuel pour les enfants de 11 et 16 ans.

A l’heure où toutes les inquiétudes se concentrent légitimement sur le pouvoir d’achat, cette politique comptable de la réduction de la dépense publique est un très mauvais signal pour les familles et les classes moyennes :

Pour les familles, car il s’agit ici de la remise en cause méthodique d’une politique familiale unique au monde et enviée par de nombreux pays voisins. Pourquoi porter atteinte à ce qui est nécessaire et qui marche ? Le président de la République devrait plutôt concentrer son énergie sur ce qui ne marche pas dans notre pays.
Pour les classes moyennes, qui sont les premières victimes de la précipitation brouillonne du gouvernement.

Réformer oui, se précipiter dans le désordre et l’injustice non !

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

05.04.2008

Ce n'est pas en rapetissant la France qu'on la redressera !

J’ai eu le temps ce matin de lire attentivement la presse. Du Figaro à Libération en passant par le Parisien, au-delà des grands titres, quantités d’articles révèlent crument le climat général qui inquiète tant les Français et la médiocrité politique des réactions au défi du temps.

Un passage du Figaro économie : une entreprise textile du Pas de Calais vient de proposer à sept de ses salariés un poste en Turquie pour 230 euros mensuels ou au Brésil pour 315 euros. Le Directeur des Ressources Humaines ose affirmer : « la loi française nous oblige à donner des chances de reclassement aux ouvriers ».

Un peu plus haut, bien en valeur pour faire croire sans doute que le gouvernement est devenu énergique un grand titre sur le nouveau plan d’économie budgétaire : « 8 milliards d’économie ».

Cela semble bien sûr de bon sens car les prélèvements publics ont atteint le seuil de l’inacceptable. Mais quand on lit en détail, on découvre une nouvelle fois que Bercy s’acharne sur l’Etat régalien (essorage de notre réseau diplomatique, réduction des crédits logement, formatage des armées) au lieu de s’attaquer à l’explosion des dépenses sociales et des collectivités locales qui vont en 2008 augmenter de beaucoup plus que 8 milliards.

Il est vrai que le courage manque pour s’attaquer à la gabegie hospitalière, aux privilèges des cliniques privées, à la multiplication des échelons des collectivités locales, au scandale des dépenses résultant de l’immigration clandestine. Comme toujours depuis vingt ans on confond dépenses de l’Etat et dépenses publiques sans comprendre que par rapport au produit intérieur brut, le poids relatif de l’Etat a diminué alors que celui des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale a explosé.

Autres nouvelles en vrac :
  • Gandrange, Mittal poursuit les licenciements sans tenir aucunement compte de la visite et des assurances du Président de la République.
  • Dans Libération, un dossier sur le Livret A. Les banques avec le soutien de la Commission de Bruxelles l’ont emporté sur la Poste et les Caisses d’Epargne. Le gouvernement s’apprête à banaliser le Livret A mais, plus grave encore, les banques ne seront obligées de déposer que 70% des fonds récoltés à la Caisse des Dépôts et Consignations pour financer le logement social. Les gros intérêts l’ont emporté sur celui des mal-logés.
  • Dans le Figaro enfin, une tribune exemplaire du correspondant de ce Journal, Monsieur de La Grange qui explique pourquoi l’OTAN a déjà perdu la guerre en Afghanistan, comme si la rédaction du journal avait mauvaise conscience de son soutien permanent aux fautes présidentielles.

En vérité, en lisant la presse du matin on réalise à quel point le Président de la République, après s’être fait élire sur le retour de la volonté politique et l’identité nationale, est en train de normaliser la France, de la rapetisser :
  • obéissance aux Etats-Unis ;
  • obéissance à la Commission de Bruxelles ;
  • obéissance aux copains du CAC 40.

Il existe ainsi un décalage béant entre les promesses, les discours, et les actes. On comprend dès lors, selon une étude de la SOFRES, pourquoi la cote d’amour et de confiance des responsables politiques n’a jamais été aussi basse depuis la fin des années 80, s’étant très brutalement effondrée dès le lendemain de l’élection présidentielle !

Rien d’étonnant, quand on observe la véritable politique de classes du président de la République, qui rappelle dangereusement celle de la droite de l’entre-deux-guerres. Une politique toujours annonciatrice des plus grandes catastrophes dans notre histoire, car les Français n’ont jamais supporté l’arrogance de l’argent ni le « parti de l’étranger », selon le bon mot du général de Gaulle.

L’opposition de son côté est inerte, évanescente, sans solutions car elle se refuse à regarder en face son état de dépendance idéologique et culturelle vis-à-vis des bien-pensants.

Plus que jamais il nous faut préparer une nouvelle politique avec comme point cardinal, comme inspiration première, le seul intérêt de la France et des Français.