22.07.2008
Congrès de Versailles : la tambouille de la IVème République
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Certes, il ne s’agit pas de la réforme du siècle. Pour autant, on détricote un peu plus l’œuvre du Général De Gaulle et de Michel Debré, qui avait apporté cinquante ans de stabilité institutionnelle.
Comme pour le quinquennat, il s’agit a priori d’une modernité. Mais en vérité, cette réforme déséquilibre les institutions, efface un peu plus le Premier Ministre, supprime l’obligation de référendum pour l’adhésion de nouveaux Etats dans l’Union Européenne, renforce la présidentialisation du Régime.
On y parle des droits du Parlement. Tout cela est bien factice quand on sait qu’un seul parti a la majorité absolue des sièges de l’Assemblée Nationale, et qu’il est directement piloté depuis l’Elysée. En vérité, le Général De Gaulle avait voulu lutter contre le Régime des partis et son lointain successeur, lui, reconstruit le régime du Parti.
La manœuvre est surtout politicienne. Il s’agit de faire croire aux Français que le Parlement est revalorisé et que Nicolas Sarkozy est un grand démocrate. Si vraiment le Président de la République avait voulu démocratiser la Vème République, il avait l’embarras du choix : instiller une dose de proportionnelle pour rétablir le multi-partisme, lutter contre le cumul des mandats, mieux contrôler les directives de Bruxelles, et surtout faire usage du référendum.
Mais le président essaie davantage les manœuvres d’appareil, les petits chantages sur Députés et Sénateurs un peu lâches, les récompenses pour les radicaux toujours prêts de l’assiette au beurre, les petites combines pour que Bernard Tapie retrouve sa fortune, les protections pour que Jacques Lang continue de briller…
Cette après-midi à Versailles, il régnait un étrange parfum de IVème République.
Pendant ce temps, les problèmes de la France ne sont pas vraiment traités, on reste dans l’apparence, les effets de show biz, les pressions sur les médias.
Tout cela ne peut pas durer, les Français ne méritent pas cela.
Honneur aux quelques députés de la majorité, vrais gaullistes, qui n’ont pas cédé. Ce sont eux qui reconstruiront la France quand la tornade sarkozienne sera passée.
13:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : constitution, iv
16.07.2008
Si les Irlandais revotent, n’hésitons plus et faisons revoter pour l’élection du Président de la République Française !
Par Nicolas Dupont-Aignan,
En parallèle, tous les spécialistes inféodés à la technocratie bruxelloise cherchent un moyen efficace pour contourner le « NO » de ce peuple souverain.
Le président en exercice de l’UE se rend-il compte de ce qu’il est en train de faire ? De l’impasse dans laquelle il conduit l’Union européenne ?
Quand on ne respecte pas le suffrage universel, on perd toute légitimité politique et donc toute capacité d’action collective.
De plus, si l’on remet en cause l’expression du suffrage Irlandais, alors quid du suffrage français de 2007 ? En quoi ce dernier serait-il plus légitime que celui de nos voisins irlandais ? On le voit bien, avec ce type de raisonnement, la démocratie se retrouve vidée de sa substance.
Ainsi, c’est la belle idée européenne, elle-même, qui se trouve menacée par cet entêtement contraire aux valeurs démocratiques élémentaires.
Les élections de juin 2009 constitueront le référendum refusé aux peuples par Nicolas Sarkozy.
09:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, election
16.06.2008
Circulez, il n’y a rien à voir !
Le vendredi 13 juin 2008 marquera l’histoire de l’Europe. Un peuple libre, profondément attaché à son indépendance malgré la campagne d’intimidation de ses voisins et de ses dirigeants, a clairement refusé ce traité incompréhensible et dangereux pour sa démocratie nationale. Je me souviens des sourires entendus y compris chez ceux qui avaient en 2005 défendu le NON en France quand je suis revenu d’Irlande le 29 mai dernier « Ce pauvre Dupont-Aignan, comment peut-il y croire encore ? »
Dans la vie politique quand l’essentiel est en jeu, il faut pourtant toujours persévérer. Le NON l’a emporté en Irlande, comme en France d’ailleurs en 2005, car là-bas des femmes et des hommes libres ont eu le courage de défendre leurs convictions, leur idée de leur pays plutôt que les intérêts propres.
Il suffisait hier d’écouter les radios et les télévisions pour remarquer qu’une fois de plus la plupart de nos élites n’avaient rien compris. La déclaration de M. Barosso symbolise ce mépris du peuple et de la démocratie.
Circulez, il n’y a rien à voir ! Un mélange d’Ancien Régime et de réflexe brejnévien.
L’argument sur la disproportion entre le refus des 4 millions d’Irlandais et la ratification probable dans 26 pays représentant 490 millions d’habitants ne tient pas un instant. Ces 26 ratifications ne sont que parlementaires, les peuples étant volontairement court-circuités. Le processus est ILLEGITIME. La preuve, les parlementaires français et hollandais ont voté un texte quasi identique à celui rejeté massivement par les peuples des deux pays.
En vérité, les dirigeants européens ont bâti un système politique hors sol, sans responsabilité démocratique. Messieurs Barosso et Trichet en sont les purs représentants. Les chefs d’Etats et de gouvernements épousent cette dérive oligarchique par inconscience ou intérêt. Mme Merkel y voit l’Allemagne accroitre son système d’influence. Nicolas Sarkozy imagine rendre inéluctable en France le modèle anglo-saxon qu’il chérit. Pour la vie des peuples, leur pouvoir d’achat, leur emploi, leur alimentation, leur environnement, qu’importe la réalité, la propagande est chargée de faire croire que tout va bien.
Mais les faits sont têtus … les citoyens, et c’est le miracle de la démocratie, comprennent bien que cela ne marche pas. Ils voient bien que le système sert les intérêts de certains plutôt que ceux du plus grand nombre : OGM imposés en plein champ, délocalisations d’Airbus aux Etats-Unis, Euro surévalué, pêcheurs sacrifiés, les exemples ne manquent pas !
Mais puisque les dirigeants ne veulent pas ouvrir les yeux, à nous, lors des élections européennes de juin 2009, de convaincre les peuples d’Europe qu’une autre voie est possible. Le combat continue.08:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : irlande, referendum, lisbonne
05.06.2008
Crise de l'énergie : double jeu de l'Etat ?
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Aujourd’hui alors que la flambée prévisible des cours du pétrole étrangle nos concitoyens, le gouvernement mais aussi la plupart des partis politiques semblent résignés. Coincés entre le marteau des pays producteurs et l’enclume des contraintes bruxelloises, ils semblent totalement indifférents au profond désarroi de nos compatriotes.
Et pourtant il est possible d’agir. En 2003 dans l’indifférence générale, Debout la République avait publié un mémorandum plaidant pour le renouveau de notre politique énergétique, depuis trop longtemps à la dérive.
Agir tout d’abord à court terme pour alléger la facture des professions les plus pénalisées et éviter ainsi la mise en faillite de bon nombre de pêcheurs, routiers ou agriculteurs. N’attendons pas Bruxelles et décidons vite, par exemple une exonération de TVA. La survie de dizaine de milliers de professionnels vaut bien le soin apporté aux contribuables assujettis à l’ISF !
Mais il ne faudra pas en rester là : toute la vérité devrait être faite sur l’écart inexplicable entre la flambée des prix à la pompe et à la cuve d’une part, et celle, d’autre part des cours du pétrole brut dont le coût aurait dû, pourtant, être largement amorti par l’appréciation très forte de l’euro face aux autres devises internationales. Mon collègue le Député du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Kucheida, a ainsi calculé que l’augmentation du baril en euros réels (c'est-à-dire en intégrant l’appréciation de ce dernier sur le marché des changes) est de 15,5% entre 2000 et 2008, tandis que l’augmentation du gasoil sur la même durée dépasse les… 70% !
Où donc est passée la différence, qui l’a discrètement engrangée ? Comment se fait-il, alors qu’on nous serine du soir au matin que l’euro représente un formidable parapluie contre l’explosion du prix du baril, que le seul avantage avéré de la monnaie unique ne soit même pas au rendez-vous ? Faut-il croire, comme pour le gaz dont le coût réel d’importation ne justifie aucunement les deux hausses de cette année, que l’Etat-actionnaire ou les entreprises concernées s’engraissent sur le dos des Français ? Une Commission d’enquête parlementaire serait indispensable pour faire la lumière sur cet aspect central de la question !
Dans l’hypothèse, très probable, où il apparaîtrait que bien des abus sont commis dans le silence feutré des conseils d’administration et des palais nationaux, ne faudrait-il pas réfléchir à la remise au goût du jour de l’esprit du Conseil national de la Résistance, à l’instauration d’un tarif unique et régulé des carburants, comme d’ailleurs de toutes les ressources essentielles qui, en République, devraient être soustraites à l’avidité irresponsable d’une certaine culture du marché, mêlant dans la plus complète opacité prédation des multinationales et spoliation d’Etat ?
Mais au-delà de cette réorientation fondamentale de la politique des prix de l’essence, qui n’en doutons pas se heurterait à de formidables intérêts si on osait la mettre en œuvre, il est aussi nécessaire d’agir pour aider les professionnels comme l’ensemble des Français d’ailleurs, à remplacer leur outil de travail, leur voiture ou leur chaudière par des modèles moins consommateurs d’énergie. Le gouvernement a l’embarras du choix, des mesures fiscales possibles. « La Jupette », en son temps, avait fait merveille pour accélérer le renouvellement du parc automobile. On peut imaginer ainsi pour les particuliers la réduction de la taxe foncière pour l’acquisition d’équipements énergétiques à faible consommation (réduction remboursée aux communes par l’Etat).
Enfin, il est urgent d’agir en utilisant les leviers exceptionnels que représentent les grandes entreprises énergétiques françaises bâties depuis 1945 par l’effort du contribuable.
- Comme l’a très bien analysé Yves de Kerdrel dans le Figaro du 4 juin, il serait temps de rappeler à l’ordre EDF qui, au lieu de s’engager à nouveau dans une politique de croissance externe aussi hasardeuse qu’inutile pour les Français, devrait être fermement invitée par l’Etat à consacrer les 15 mds € qu’elle envisage de dépenser pour acquérir British Energy à la relance du programme électronucléaire en France (15 mds, c’est 5 centrales !). - Il serait temps, aussi, de bloquer les tarifs de GDF qui ont été scandaleusement augmentés alors que rien ne le justifie réellement, exception faite sans doute du désir de ses dirigeants et actionnaires (au premier chef l’Etat !!) d’accroître la rentabilité de l’entreprise sur le dos des Français. - Il serait temps, de même, que la politique de Total soit contrôlée un tant soit peu par l’Etat. Il ya a urgence à faire sauter les goulets d’étranglement dans le raffinage pesant sur les prix et s’expliquant par des sous-investissements.
Pauvre en matières premières énergétiques, la France a su à la libération puis lors du 1er choc pétrolier se doter d’une politique volontariste qui a permis aux Français de bénéficier de l’électricité la moins chère d’Europe, d’une autosuffisance de 50% environ et a offert à nos industriels un avantage de compétitivité crucial pour leur développement.
Malheureusement depuis une quinzaine d’années il n’y a plus de pilote dans l’avion. Pire, les gouvernements successifs ont laissé peu à peu Bruxelles démanteler l’un des plus beaux atouts de notre pays en le livrant à une logique inepte et antiéconomique du tout-marché. Aujourd’hui la question est simple. Voulons-nous une politique publique offensive ? D’un côté, pour aider les Français en adoucissant le choc financier sans précédent auxquels ils sont être confrontés, de l’autre pour investir sur le long terme dans la production d’une énergie pour tous, accessible et libérée de la tyrannie d’un capitalisme sauvage, sauvage jusqu’à se détruire lui-même.
Il y a urgence !
Revue de presse
Réforme des institutions : Jean-Louis Debré craint un "retour aux errements"
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/06/05/reform...
La BCE laisse ses taux inchangés, mais n'exclut pas de les rehausser en juillet
http://www.latribune.fr/info/La-BCE-laisse-ses-taux-incha...
16:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, etat, petrole
04.06.2008
LME : Repos Dominical
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Monsieur le Secrétaire Général,
J’ai bien reçu votre courrier du 26 mai dernier, par lequel vous me livrez les arguments qui militent, selon vous, pour le maintien du repos dominical.
Parmi ces arguments, vous évoquez la distorsion de concurrence que créerait l’autorisation généralisée d’ouverture des commerces le dimanche, puisque seules les grandes enseignes auraient les moyens de rémunérer leur personnel en tarif « dimanche et jours fériés ».
Très attaché, en qualité de Maire d’une ville de 30.000 habitants, à la défense du petit commerce qui participe à l’animation de nos cœurs de ville et à la cohésion sociale, je partage tout à fait votre inquiétude face aux conséquences fatales qu’aurait une telle disposition pour l’économie de proximité.
Par ailleurs, vous vous interrogez sur le choix délibéré des salariés de travailler le dimanche.
En effet, une approche superficielle du problème laisserait à penser que le travail dominical est un bienfait pour les étudiants et les jeunes en général, ou pour tous les salariés ayant besoin d’accroître leurs revenus.
Chacun sait qu’il n’en n’est rien, et que, derrière cette façade de volontariat enthousiaste, se cache en fait la création d’un sous-prolétariat précaire et que par ailleurs, les entreprises n’hésiteraient à se séparer sous des motifs divers, de ceux de leurs salariés qui ne seraient pas volontaires….
Enfin, vous en appelez à une certaine résistance à la société du « tout économique » et à l’intérêt de ménager, pour l’équilibre des familles, un jour sans travail ou sans consommation.
En effet, que ce jour soit consacré à des activités spirituelles, associatives, culturelles ou ludiques…, je considère, pour ma part, qu’il convient de le « sanctuariser »
Tels sont les arguments que je développerai lors de la discussion de la proposition de loi visant à rénover les dérogations au repos dominical, qui se déroulera le 10 juin prochain à l’Assemblée Nationale.
Souhaitant avoir fait écho à vos préoccupations, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes sentiments distingués.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
07:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lme, dimanche
01.06.2008
Les Irlandais vont-ils sauver l'honneur de la démocratie en Europe ?
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Je leur ai dit de ne pas avoir peur de voter comme le leur dicte leur conscience, en gardant à l’esprit qu’une très large majorité de citoyens en Europe, privés de référendum, ne leur en voudrait pas de rejeter Lisbonne mais, au contraire, leur en serait reconnaissante.
J’ai retrouvé la même ambiance qu’à Paris lors de la campagne référendaire française il y a trois ans : d’un côté, le rouleau compresseur de la propagande, la débauche de moyens pour le Oui, de l’autre, une multitude de petites organisations où des militants avec de faibles moyens mais un enthousiasme extraordinaire parcourent le pays en tous sens.
A Dublin aujourd’hui, comme à Paris hier, on sent un peuple partagé. Aimant l’Europe, inquiet d’être accusé de l’abîmer par un vote de refus, mais voulant aussi conserver son identité, sa liberté, sa démocratie, et ne comprenant pas pourquoi il devrait accepter de se voir imposer cette sorte de tout ou rien.
En vérité, dotés d’une grande conscience politique et du souvenir encore très récent du prix de leur liberté, les Irlandais veulent, comme les Français et les Hollandais il y a trois ans, choisir leur Europe, en dessiner les contours, en maîtriser les politiques.
Les dirigeants européens prisonniers d’une fuite en avant dont ils sont les premiers responsables, n’ont pas compris que le débat n’était plus entre l’Europe et le refus de l’Europe mais sur la manière de la construire et de l’articuler avec les nations. Leur chantage ne passe plus car leur prétendue « Europe » dénature l’idéal dont ils réclament. Ils le savent, d’ailleurs, puisqu’ils refusent de consulter les peuples et n’hésitent même plus, le cas échéant, à bafouer ouvertement le suffrage universel lorsqu’il parvient à s’exprimer.
Aujourd’hui le choix est simple. Soit les Irlandais auront le courage de dire NON et ils rendront service à la construction européenne qui sera alors obligée d’être refondée sur des bases saines, soit le OUI l’emportera n’offrant qu’un court répit à une Constitution qui s’effondrera dans une crise beaucoup plus grave.
Le 12 juin le destin de l’Union européenne sera scellé et la crise la plus grave ne viendra pas du NON mais du OUI.
14:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, irlande
27.05.2008
Une réforme des institutions en trompe l'oeil
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Une bonne Constitution répond à deux objectifs principaux : la stabilité du pays, la vitalité de sa démocratie.
Les institutions de 1958, pour mettre un terme à l’instabilité chronique du régime d’assemblée des IIIème et IVème République, a confié de grands pouvoirs à l’exécutif. Ce renforcement s’est toutefois accompagné de l’élection du Président au suffrage universel direct en 1962, et d’une pratique référendaire, permettant aux moments cruciaux de trancher les grandes querelles. Pour le général de Gaulle, le bénéfice d’une grande autorité obligeait à asseoir celle-ci sur une légitimité suprême et incontestable, celle de la souveraineté populaire elle-même – qui, toujours d’après de Gaulle, « se confond avec la démocratie ». Bref, à grand pouvoir, grande responsabilité.
Malheureusement ses successeurs ont conservé les pouvoirs tout en s’affranchissant de la responsabilité : le quinquennat d’une part, la formation d’un parti quasi unique à droite de l’autre, ont encore accentué la concentration des pouvoirs, tandis que le dévoiement progressif de la pratique référendaire - jusqu’au déni du résultat du 29 mai 2005 – a gravement affaibli la fonction de contrôle de la démocratie directe.
Une réforme constitutionnelle pour rééquilibrer le système est donc souhaitable. Malheureusement, le projet débattu à l’Assemblée Nationale n’est qu’un trompe-l’œil. Le Président veut faire croire qu’il est un grand réformateur et un grand démocrate. Mais, en réalité, il ne touche en rien aux causes profondes de l’étouffement de notre démocratie.
Rien n’est prévu, par exemple, sur le mode d’élection des Députés. Or, le système majoritaire, dans le nouveau contexte de l’UMP et du quinquennat, est devenu un véritable étouffoir démocratique, reconstituant un régime des partis que le fondateur de la Vème République, on le sait, avait vigoureusement combattu. Ironie de l’histoire, l’oxygénation du système par l’introduction d’un peu de proportionnelle est devenue la seule solution pour empêcher la domination presque sans partage de deux partis larrons en foire, le PS et l’UMP, qui représentent de moins en moins d’électeurs. Je refuse bien sûr la proportionnelle intégrale, qui replongerait le pays dans l’instabilité, mais je crois nécessaire pour permettre une meilleure représentativité de l’Assemblée Nationale, l’instillation d’une dose de proportionnelle.
Sans cette rupture, les nouveaux pouvoirs donnés au Parlement ne représentent qu’un leurre, car il s’agit de donner des compétences nouvelles au parti dirigé depuis l’Elysée.
Rien non plus pour conforter l’usage du référendum. La suppression en suspens du référendum obligatoire sur l’adhésion de nouveaux pays à l’Union européenne, comme l’usine à gaz du référendum d’initiative populaire, n’augurent rien de bon. Le seuil de déclenchement de ce référendum d’initiative populaire est en réalité bien trop élevé pour que la réforme soit opératoire…
Rien ensuite sur la question centrale des médias. Pour garantir le pluralisme et sortir de la dérive bananière de notre République, il faut, comme dans la plupart des pays occidentaux, interdire aux groupes financiers dépendant des commandes de l’Etat de détenir de grands médias.
Surtout rien n’est envisagé sur la question clé du contrôle de l’Union européenne. Les directives négociées par les Ministres à Bruxelles le sont dans le dos du Parlement. Le grand problème est que la négociation européenne relève de la sphère diplomatique (et donc du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif) alors qu’elle porte sur des sujets relevant éminemment du domaine de la loi, c'est-à-dire du Parlement. Les directives bruxelloises sont ainsi de nature législative mais les parlementaires sont la plupart du temps sommés de les retranscrire quelques années plus tard en droit interne, sans débat ni réel pouvoir d’amendement, par ordonnance.
Enfin, que dire de certains gadgets, comme l’inscription des langues minoritaires et régionales dans la Constitution, dont l’application pourrait cependant réserver de très désagréables surprises ?!
Démocratiser la Vème, bien sûr ! A deux conditions : tout d’abord s’attaquer aux vraies questions, ensuite maintenir la garantie de la stabilité.
En vérité, cette réforme s’apparente de plus en plus à un jeu politicien entre le Président et l’opposition. Une sorte de donnant-donnant qui consacrerait un accord minimal de deux partenaires à bout de souffle. Le régime des deux partis cherche à faire main basse sur des institutions qui peuvent pourtant faire merveille si celui qui préside a une vision, une politique, un appui du peuple.
07:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reforme, institutions
24.05.2008
Michel Barnier : "Je ne peux rien faire"
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Le désespoir des pêcheurs s’explique par leur prise de conscience que le Gouvernement n’a plus le pouvoir d’agir !
Michel BARNIER, Ministre de la Pêche et de l’Agriculture, ne fait même plus semblant.
Il a avoué sur RTL, le 20 mai dernier, son impuissance : « les mesures d’aide que je compte mettre en place sont suspendues à la décision de la Commission Européenne. J’attends la réponse de Bruxelles d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, et même, d’une heure à l’autre. Je ne peux rien faire sans cela ». (Voir la vidéo sur le site dailymotion)
On est bien loin des promesses volontaristes de Nicolas SARKOZY au Guilvinec !
Les pêcheurs ont bien compris qu’un monstre bureaucratique, sans légitimité politique, avait décidé de leur mort progressive tolérant juste des aides sociales temporaires.
Mais les pêcheurs ont aussi compris que cette Union Européenne, qui prétend servir l’intérêt général européen, mène une politique injuste car, au moment où l’on impose des quotas de pêche aux flottes des pays membres, les pêcheurs norvégiens et russes pêchent sans limite, et revendent dans l’Union Européenne, qui importe toujours plus de poissons tout en laissant disparaître ses pêcheurs !
Une fois de plus, l’Europe impose des contraintes aux siens mais se révèle incapable de négocier avec le reste du monde pour défendre ses intérêts.
Ce qui est vrai avec les pêcheurs l’est aussi pour tous les secteurs économiques. L’union Européenne (et surtout la zone euro) est devenue la variable d’ajustement de la mondialisation.
Contresens total de la construction européenne qui devrait, à l’inverse, laisser vivre ses nations et devenir par des coopérations renforcées à la carte, un multiplicateur de puissance vis-à-vis de l’extérieur.
Dans ce contexte, on comprend pourquoi le débat institutionnel n’intéresse pas les Français. Il apparaît dérisoire car il n’aborde en rien les questions essentielles.
- Comment rétablir un peu de pluralisme à l’Assemblée Nationale dominée par un parti unique ?
- Comment garantir la diversité des médias ?
- Comment contrôler réellement la décision des Ministres qui engagent la France, en signant des directives européennes, que le Parlement est ensuite sommé de transcrire.
14:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pecheurs, petrole
21.05.2008
"Moi tu sais, je vis au jour le jour"
Cet après-midi j’étais dans l’hémicycle pour la discussion ultime du projet de loi sur les OGM. J’expliquais à un de mes collègues UMP, que je ne citerai pas par pudeur, pourquoi je voterais contre ce projet. Je lui indiquais qu’en l’absence de connaissances scientifiques suffisantes, il était irresponsable d’introduire des cultures OGM résistantes aux pesticides et aux antibiotiques qui pourraient se disséminer dans les champs.
Je lui expliquais aussi que la quasi-totalité des recherches sont payées par les semenciers et enfin que les tests n’étaient effectués que sur une durée de trois mois ce qui est insuffisant.
Il m’écoutait mais je sentais que son esprit était ailleurs. Il me répondit tout simplement : « oui, mais comment feras-tu pour rendre compétitif nos agriculteurs face à la concurrence des maïs OGM ? » Je lui ai répondu : protection des terroirs, agriculture biologique, diversité des territoires.
Un peu agacé, il partit en me disant : « de toutes façons moi je vis au jour le jour » !
Les quelques collègues qui nous écoutaient ont été estomaqués. Mais en vérité sa remarque fut très révélatrice de la manière dont se prennent aujourd’hui les décisions dans notre pays. Les Députés vivent au jour le jour, le gouvernement vit au jour le jour, le Président de la République vit au jour le jour !
D’ailleurs Madame Kosciusko-Morizet, que j’apprécie beaucoup par ailleurs, a eu le mot de la fin dans son discours. Elle a clairement dit : « le gouvernement vous demande d’adopter ce projet de loi pour transposer cette directive européenne sous peine d’amende mais le Ministre d’Etat Monsieur Borloo n’approuve pas cette directive et il a demandé à ses partenaires européens de la changer ».
Comprenne qui pourra, cette politique au jour le jour !
09:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, assemblée, nationale, dlr, nda
14.05.2008
OGM : du principe de précaution au principe de cohérence
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Hier après-midi, je m’apprêtais à aller à l’Assemblée Nationale pour voter dans la nuit contre le projet de loi sur les OGM quand j’ai appris par la radio que les Députés présents dès le début de la séance avaient, par un vote historique, adopté la question préalable repoussant le débat prévu.
Quelle joie de voir peu à peu notre combat contre les intérêts de certaines multinationales soutenu par des Députés de la majorité comme de l’opposition ! Mais ne soyons pas dupes pour autant : il ne faut pas oublier, en effet, que ce sont les mêmes éternels partis politiques dominants, UMP, PS et centristes, collectivement responsables d’avoir laissé passé à Bruxelles la directive OGM en 2001, qui s’écharpent aujourd’hui devant les Français, trop souvent pour donner le change…
Quant à mon opposition à ce texte, il ne s’agit pas d’un refus de ma part des progrès de la science mais tout simplement d’une exigence minimum de prudence : le fameux principe de précaution.
Le gouvernement ferait bien d’entendre ce vote et de retravailler son dossier. L’enjeu est colossal.
Un enjeu scientifique car il faut poursuivre les recherches sur les OGM mais justement sans laisser cultiver en plein champs n’importe quoi.
Un enjeu de civilisation aussi. Quelle agriculture, quelle alimentation voulons-nous pour nos enfants ? Comment d’un côté prôner 20% de bio dans nos cantines et autoriser la culture en plein champs d’OGM pouvant présenter des résistances insoupçonnées aux antibiotiques ?
Un enjeu de pouvoir aussi. Qui décide quoi ? Allons-nous obéir à Bruxelles qui a pris la mauvaise habitude de se coucher devant semenciers américains allons-nous exercer notre libre arbitre dans la définition de notre politique de santé publique ?
La question des OGM est un test majeur de la sincérité gouvernementale sur le dossier du Grenelle de l’environnement : soit la majorité passe en force et s’en sera fini de l’espoir placé par des millions de Français dans ce Grenelle, soit le Président de la République et le Premier Ministre se rendent enfin à la raison, comprennent qu’il se passe quelque chose dans le pays, et prennent enfin leurs responsabilités.
Une fois encore, au-delà des grandes déclarations symboliques et des trémolos, le principe de cohérence sera le juge ultime de la politique gouvernementale.
13:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, assemblée, nationale, dlr, nda


