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30.11.2007

Sarkozy : Français, à vos milliards !

 la suite sur http://www.marianne2.fr

Magic Sarko ! A écouter le Président à la télévision hier soir jeudi 29 novembre, on n'avait pas l'impression que la France allait traverser une crise économique mondiale.



Vous aviez des questions ? Vous avez des milliards ! On ne l'avait pas vu depuis longtemps. Le candidat Sarkozy était de retour jeudi 29 novembre sur TF1 et France 2. Avec, dans sa besace, tous ces milliards qu'il entend donner aux Français. Cinq milliards de RTT à racheter, même dans la fonction publique. Cinq milliards d'heures supplémentaires. Des milliards pour augmener les tarifs d'heures supplémentaires des fonctionnaires. Des milliards d'augmentations de salaires contre la poursuite des allègements de charge. D'autres milliards pour les salariés et les patrons qui se mettent d'accord pour supprimer les 35 heures. Vingt milliards de contrats en Chine pour les usines françaises. Deux milliards de contrats au Maroc. Encore des milliards de contrats à venir en Algérie. Et encore des milliards à programmer pur 2008 pour la réunion de la mi-décembre, destinée à préparer l'agenda social de l'année 2008.

En écoutant le président, on avait l'impression d'être devenu beaucoup plus riche. Sauf les libéraux qui le soutiennent : ceux-là, les Jacques Marseille, les Eic Le Boucher, qui grognent depuis plusieurs semaines, ont dû pester contre ce politicien qui signe des chèques en bois en misant sur la relance. Chèques en bois ou illusions de chèque : car sur beaucoup de points, le programme du relance de pouvoir d'achat a évité la clarté et la précision. Mais comme ses deux interlocuteurs, Arlette Chabot et PPDA n'étaient guère exigeants sur ce point, le président a pu sans difficulté redérouler son nouveau programme électoral. Et conclure ainsi : «Les Franças ils savent très bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses. Je ne suis pas là pour distribuer des cadeaux de Nöel.» Ah bon ? C'était bien mal imité....

Vendredi 30 Novembre 2007 - 00:05
Philippe Cohen

29.11.2007

Pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait… plus de travail !

Gagner plus ? Trois obstacles, par Gérard Lafay

LE MONDE | 28.11.07 | 14h08 • Mis à jour le 28.11.07 | 14h08

Le pouvoir d’achat de la majorité des Français stagne depuis plusieurs années. Le président Sarkozy s’efforce de faire face à cette question, qu’il avait déjà mise en avant, au printemps, lors de sa campagne électorale. Les réponses apportées visent à lever un premier obstacle, qui tient à l’insuffisance de l’activité des travailleurs en France. En revanche, elles risquent de se révéler inopérantes si elles ne surmontent pas les deux autres obstacles, qui viennent d’un côté de la surévaluation de l’euro, de l’autre de la faiblesse de l’actionnariat des travailleurs français. Un premier obstacle découle du fait que, depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont mis en place un "traitement social" visant à limiter la montée du chômage recensé. Tantôt ils ont avancé l’âge de la retraite, d’abord en le fixant autoritairement à 60 ans, puis en multipliant les préretraites en deçà de cet âge. Tantôt ils ont voulu réduire le nombre d’heures travaillées par chacun, en le limitant à 35 heures par semaine (lois Aubry). Toutes ces mesures ont été financées par l’Etat. Le résultat est double. D’une part, la France est l’un des pays industrialisés où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles. D’autre part, très logiquement, elle est aussi l’un de ceux où la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut (PIB) est l’une des plus élevées. Fort heureusement, le gouvernement mis en place par le président Sarkozy commence à prendre des mesures afin de surmonter ce premier obstacle, en concrétisant son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le deuxième obstacle n’est pas propre à la France, mais il concerne toute la zone euro. Dans l’espace économique mondial, le niveau relatif des salaires découle, dans une large part, du taux de change réel, c’est-à-dire du niveau relatif des prix vis-à-vis du reste du monde. Cette question est essentielle dans les conditions de croissance, tant pour l’attractivité de l’investissement productif intérieur que pour la compétitivité du commerce extérieur. Pendant longtemps, elle n’était mise en relief que par quelques-unes, étant niée par la plus grande partie des observateurs. Mais les faits sont têtus. Aujourd’hui la surévaluation de l’euro apparaît de plus en plus évidente, non seulement vis-à-vis du dollar américain, mais encore davantage vis-à-vis du yuan chinois. En étant trop cher, l’euro interdit aux entreprises de procéder à des hausses substantielles de salaires, de même qu’il empêche l’économie de reprendre un rythme élevé de croissance. Dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait critiqué le comportement de Jean-Claude Trichet, de même que sa rivale Ségolène Royal. Que fait-il aujourd’hui ? Il se contente de reprendre périodiquement la même antienne, sans que ses exhortations aient le moindre effet. Pis encore. Il veut faire voter par le Parlement une nouvelle version du traité européen, quasi identique au projet de Constitution rejeté par le peuple français le 29 mai 2005. Or cette version entérine, ipso facto, l’erreur de conception inhérente au traité de Maastricht ainsi qu’une logique de libre-échange naïf. En fait, ce sont précisément ces deux éléments qui expliquent la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne et l’absence de toute politique commerciale de rétorsion face au dumping monétaire. Ce seul fait réduit à néant les décisions courageuses que peut prendre le président Sarkozy sur le plan national. Le troisième obstacle tient à l’évolution générale du capitalisme au niveau mondial qui, depuis la chute du communisme, accroît de plus en plus les revenus du capital tandis que, dans les pays développés, les revenus du travail stagnent pour le plus grand nombre. La solution est de mettre en place une forme française de capitalisme, où les travailleurs deviennent en même temps des actionnaires, parvenant à détenir la majorité du capital des entreprises. Cette solution avait déjà été amorcée par le général de Gaulle, avec l’ordonnance de janvier 1959 sur l’intéressement et celle d’août 1967 sur la participation, complétées depuis lors par d’autres dispositions. Mais la part des travailleurs reste marginale dans le capital de la plupart des grandes entreprises. Au lieu de vouloir débloquer les fonds de participation, afin de favoriser la consommation de façon conjoncturelle, il faut accomplir une véritable réforme structurelle. L’objectif est de développer ces mécanismes sur une grande échelle en mettant en place, à côté de l’actionnariat direct, des formes collectives d’actionnariat diversifié, par la création institutionnelle de fonds de pension par métier. Le président Sarkozy est sur le point de surmonter le premier obstacle. Il réussira à élever graduellement le pouvoir d’achat des Français s’il fait sauter les deux derniers. Sinon, il est condamné à l’échec.


Gérard Lafay est professeur d’économie internationale à Paris-II.

Rapport Olivennes : Non au flicage de l’internet !

COMMUNIQUE DE PRESSE

un combat d’arrière-garde

Après la loi DADVSI qui a écarté le principe de la licence globale sans même l’avoir examiné, le rapport Olivennes constitue un pas supplémentaire vers une politique du tout-répressif sur internet, à contre-courant des usages élémentaires de la démocratie et du sens de l’Histoire.

En préconisant l’instauration d’un contrôle sur les fichiers échangés entre internautes, qui serait assuré par une invraisemblable autorité administrative indépendante apte à prononcer des sanctions contre les particuliers, ce rapport plaide pour un système potentiellement liberticide et fondé sur une justice d’exception.

Comment, en effet, accepter la possibilité d’une justice à deux vitesses, qui violerait l’égalité des citoyens devant la loi ?

Par ailleurs, malgré les dénégations de M. OLIVENNES, il va de soi que la tentation du filtrage des contenus sera très forte et donnera nécessairement lieu à la violation de la vie privée des internautes. Pire, pour empêcher les échanges de gros fichiers via la messagerie électronique des particuliers, verra-t-on cette autorité administrative indépendante violer aussi la correspondance des citoyens, un crime passible des plus lourdes sanctions depuis le règne de Louis XIV ?

Initié par et au service d’une industrie du disque qui entrave la marche du Progrès afin de préserver une poule aux œufs d’or dont elle n’a cessé d’abuser ces dernières décennies, le rapport Olivennes préconise un système à la fois rétrograde et inefficace : rétrograde, car comme les copistes voulant interdire l’imprimerie il y a 500 ans, elle mène un combat d’arrière-garde. Inefficace, car la technique trouvera toujours de nouveaux moyens pour contourner le flicage de l’internet.

Aujourd’hui comme il y a deux ans, le seul moyen de réguler efficacement le peer-to-peer tout en rémunérant les différents maillons de la filière audiovisuelle, du créateur au producteur, est de s’engager résolument dans la voie de la licence globale. Car contrairement à ce qu’affirment ses adversaires, il est tout à fait possible de dégager, grâce à cette licence, des rétributions importantes et de les répartir équitablement au moyen de sondages.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

27.11.2007

Face à la crise des banlieues, encore et toujours la politique des mesurettes !

 Par Nicolas Dupont-Aignan,

Les incidents de Villiers le Bel rappellent à l’opinion combien les « cités » françaises sont hautement inflammables.

Malheureusement, sur le terrain rien n’a véritablement changé depuis 2 ans. Certes, des milliards sont dépensés pour démolir des tours et rebâtir des logements plus vivables mais les causes profondes de la crise demeurent. La faiblesse de l’Etat, le déficit d’éducation, le double langage de ceux qui devraient montrer l’exemple, l’anémie économique.

Jamais les effectifs de police n’ont été aussi faibles dans les commissariats de quartier, les bureaux de police de proximité ferment les uns après les autres et des questions pourtant simples à résoudre, comme l’interdiction d’importation des mini-motos, sont laissées en jachère. Depuis des mois, je dénonce le scandale de ces engins non-homologués, interdits de circulation qui sont vendus pour rien sur Internet et dans les hypermarchés. Dans les cités, ces motos sont utilisées sans casque, sans éclairage, par des enfants. La plupart du temps, la police ne peut intervenir sans que les contrevenants prennent la fuite, mettant en danger leur propre vie et celle d’autrui. Combien de morts faut-il attendre pour enfin prendre la seule mesure raisonnable : l’interdiction pure et simple de la commercialisation ? Je pourrais aussi parler de la Justice, dont les délais d’action (lorsque action il y a !) et la mansuétude encouragent les attitudes délinquantes.

De même, on parle toujours autant de lutte contre l’échec scolaire mais les premières annonces prometteuses de renforcement des effectifs dans les établissements qui en ont le plus besoin (par exemple les LEP) ne porteront leurs fruits que si elles sont réellement suivies d’effet notamment pour le personnel non enseignant, qui fait cruellement défaut. Dans ma ville, par exemple, les médecins scolaires, infirmières, assistantes sociales manquent. Les établissements privés, où l’encadrement est assuré, voient leur liste d’attente s’allonger chaque année, le flux des candidats, notamment d’origine modeste, ne cessant de grossir.

Il faudra aussi rétablir un lien de confiance entre gouvernants et gouvernés : sans exemplarité, sans égalité de traitement entre les puissants et les autres, sans espoir collectif, le discours d’ordre des pouvoirs publics continuera de passer au mieux pour du blabla, au pire pour de la provocation. Le « faites ce que je dis, pas ce que fais » offre un prétexte rêvé à tous ceux qui préfèrent la délinquance à l’effort et qui savent entraîner dans leur sillage une jeunesse désespérée ou influençable.

Enfin, rien ne changera tant que le marasme économique, résultant pour une grande part du déficit de compétitivité de la France, continuera ses ravages. Avec un euro surévalué, des charges sociales toujours aussi élevées, un libre échange déloyal, une formation continue désespérément insuffisante, comment pourrait-on sérieusement relancer la machine ?

Pour remédier en profondeur au mal-être des banlieues sensibles, il faut enfin sortir de la politique des mesurettes à laquelle les gouvernements successifs se sont habitués au fil du temps. Un Etat régalien ferme et juste, une école du mérite, une économie d’expansion, voilà les moyens de sortir d’ici à quelques années de ce terrible engrenage dans lequel ne cessent de se débattre certains de nos quartiers.

Par Nicolas Dupont-Aignan,

22.11.2007

L'euro fort menace t-il la croissance française ?

Article de Marianne2 

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.



L'euro fort menace t-il la croissance française ?

Tout d'abord une petite lapalissade, l'euro est fort parce que le dollar est faible, suite à la crise des «subprime» et aux déficits jumeaux américains, commerce et déficit public qui ne se résorbent pas. L'une des raisons de la baisse du dollar est notamment l'émission de bons destinés à financer la guerre en Irak. Tout au long de la guerre du Viet Nam, le dollar fut faible, comme il l'est aujourd'hui.

Mais la raison essentielle de la baisse est le financement de la consommation américaine, les Américains achetant des produits en Chine, lesquels sont souvent fabriqués par des entreprises américaines délocalisées. Pendant ce temps les Chinois sont très attentifs à ne pas casser leur expansion, et maintenir à cet effet une parité à peu près constante avec le dollar. C'est donc une dynamique industrie-consommation-échanges qui fixe la parité dollar/yuan. L'euro, lui n'a rien à dire et s'adapte a contrario.

Quelles sont les conséquences de cette situation sur le commerce international? En terme de poids des échanges, l'Europe pèse moins que l'ensemble Japon-Chine vis-à-vis des Etats-Unis. C'est pourquoi l'impact de la baisse du dollar n'est sans doute pas aussi important qu'on pourrait le craindre pour l'industrie européenne. En revanche, la baisse du dollar est une bonne chose pour la facture pétrolière, qui entre dans le prix des produits manufacturés. On notera enfin que la période d'euro faible, grosso modo la période Jospin, fut une période de forte croissance pour la zone euro et pour la France en particulier.

Pourtant, si jamais l'euro n'a été aussi fort, jamais les exportation allemandes n'ont été aussi importantes. A cela une double explication :
1) les Allemands fabriquent des machines, et non des produits finis. Des machines nécessaires pour faire les produits finis, précisément, indispensables quel que soit le prix ;
2) les Allemands ont complètement délocalisé leurs usines en Europe de l'Est et font fabriquer à coût dérisoire à coté de chez eux. Vérité au-delà du Rhin, erreur au-delà.

http://www.marianne2.fr/L-euro-fort-menace-t-il-la-croiss...

21.11.2007

Réforme de la carte judiciaire : la politique de "gribouille"

La réforme de la carte judiciaire traduit l’incapacité de réformer sereinement et intelligemment notre pays.

Le bon sens commande bien entendu de supprimer les Tribunaux d’Instance trop petits et à vrai dire personne n’en conteste vraiment le principe. Pour autant, fallait-il aller si loin pour aboutir à la suppression de 176 Tribunaux sur 476 ? Quand on regarde la carte de France publiée dans le quotidien Le Monde (édition du 22 novembre), on comprend l’ampleur du mouvement de suppression et le coup de grâce donné à la justice de proximité.

On s’apercevra dans quelques années des ravages de cette réforme. Les économies à première vue réalisées, seront probablement compensées par des surcoûts en terme de transport. Sans même évoquer le nombre de litiges qui ne seront plus traités. De plus, cette réforme ne s’accompagne d’aucune création de Tribunal d’Instance, notamment en banlieue parisienne, ce qui aurait déchargé les Tribunaux existants complètement engorgés.

Enfin, tout le monde sait - ou devrait savoir - que notre pays dépense pour sa Justice, deux fois moins par habitant que la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. L’augmentation du budget 2008 pour la Justice est, à cet égard, dérisoire. Si l’on veut vraiment rétablir l’Etat de droit, réduire les délais, exécuter dans les faits les décisions de justice, il faut investir davantage.

Les sommes sont d’ailleurs relativement modestes en comparaison des dépenses de la plupart des autres Ministères.

Par ailleurs, en ce jour du Congrès des Maires, il serait temps de relancer une véritable politique d’aménagement du territoire. Pourquoi ne pas coordonner la réorganisation des différents ministères ? Nous éviterions ainsi d’accabler toujours les mêmes villes, petites et moyennes, qui sont en train de «crever» des délocalisations alors même que leur qualité de vie est la meilleure et qu’on entasse toujours plus d’habitants en Ile-de-France et dans les métropoles régionales, avec des surcoûts d’échelle considérables. Département par département, il faudrait analyser méthodiquement les projets de réorganisation de la carte judiciaire, hospitalière, des forces armées, etc… et répartir l’effort intelligemment.

Telle petite ville garderait son Tribunal d’Instance mais perdrait l’hôpital, telle autre bénéficierait du redéploiement d’un établissement public aujourd’hui parisien, etc…

Ce travail est possible. Il permettrait de concilier efficacité et équilibre du territoire. Malheureusement, on n’en prend pas le chemin. A la crise des banlieues s’ajoutera donc bientôt celle des territoires. Il sera alors trop tard pour pleurer.

20.11.2007

Pour sortir de l’impasse économique et sociale

Marianne, édition du 17 novembre 2007

Six mois après l’élection présidentielle et l’espoir qui l’a accompagnée, les Français, toutes les enquêtes le montrent, broient à nouveau du noir. Pouvoir d’achat en berne, croissance désespérément « molle », déficit croissant du commerce extérieur, litanie des délocalisations, le pays malgré l’activisme tous azimuts du nouveau Président dont la popularité résiste pour le moment sur le front des sondages, s’engage inexorablement dans une douloureuse impasse économique et sociale.

La méthode Coué, consistant à nier l’inquiétude montante, ne résoudra rien. Pour trouver les voies et moyens de s’en sortir, il est important de comprendre les causes du marasme économique et social.

Trois fautes, l’une diplomatique, l’autre macroéconomique et la troisième psychologique, ont été commises par le Président grisé par sa victoire.

La première faute est diplomatique. La hausse continue de l’euro est l’une des causes importantes des difficultés économiques du pays. Il ne s’agit pas seulement ici de taux de change, mais aussi de la cherté de l’investissement, qui devient insupportable dans le contexte d’une économie ouverte à tous les vents d’une concurrence extérieure souvent déloyale. Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs compris puisqu’il n’avait cessé durant sa campagne de mettre en cause la Banque Centrale européenne, de réclamer le rétablissement de la préférence communautaire et d’appeler à une autre gouvernance de la monnaie unique. Malheureusement alors qu’il avait au sommet de Bruxelles de juin toutes les cartes en mains, il a capitulé, refusant de faire du changement des statuts de la Banque Centrale européenne le préalable à tout accord européen. Il a ainsi tout cédé à l’Allemagne sur le plan institutionnel, sans rien obtenir sur le front de l’euro et du commerce international. Le résultat est là, alors que l’Union européenne demeure passive. L’euro flirte avec les 1,50 dollars (0,8 en 1999), condamnant nos industries exportatrices à la mort lente et notre tissu productif anémié à la stagnation.

La seconde faute est macroéconomique. Le Président et la majorité ont cru qu’il suffisait de défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer l’activité. Ce qui pourrait être justifié dans une phase de rebond n’a pas de sens au moment où les commandes n’arrivent plus. De même, les mesures clientélistes votées à la va-vite en juillet n’apportent rien à la croissance. 15 milliards de recettes fiscales perdus (le coût des 35 heures), alors qu’il eût été si précieux d’utiliser cet argent pour renforcer la compétitivité des entreprises, notamment des PME !

La troisième faute est psychologique. En augmentant son salaire de 206%, au moment où beaucoup de Français réduisent leurs dépenses d’alimentation et ne savent plus comment finir le mois, le Président s’est-il rendu compte de ce qu’il faisait ? Comment appeler à l’effort collectif et s’en dispenser soi-même aussi ostensiblement ?

Que faire aujourd’hui ? La pire des choses serait d’ajouter à ces trois erreurs majeures une quatrième. La faute politique consistant à chercher un bouc émissaire, à dresser une majorité de Français contre une minorité. Si la réforme des régimes spéciaux de retraites est nécessaire, il est mensonger d’en faire l’alpha et l’oméga du redressement de la Nation.. Il faut aller au-delà et tout faire pour relancer la machine économique. La France a besoin de réformes. Mais ces réformes ne pourront réussir qu’avec l’adhésion des Français. De même elles n’auront d’effet que si l’on est capable de boucher les trous qui s’élargissent chaque jour davantage dans la coque du navire, notamment ceux du sous-investissement productif et du commerce extérieur !

Pour être constructif, je fais trois propositions simples :

1. la baisse des charges sur les heures supplémentaires n’étant pas utilisée, en raison de la complexité et de l’inadaptation de la mesure, serait transformée en une réduction des charges sociales notamment des PME de moins de 10 salariés. Cette mesure aurait le mérite de la simplicité. Pourrait s’ajouter une première expérimentation de la TVA sociale qui, loin de casser la croissance, a renforcé la compétitivité de l’Allemagne.

2. la France refuserait de soumettre à ratification le nouveau traité européen tant que les pays de la zone euro ne se mettraient pas d’accord sur une nouvelle politique monétaire (baisse des taux d’intérêt de la Banque Centrale européenne) et une nouvelle politique commerciale à l’OMC (mise en place de la taxe carbone)

3. enfin, pour réduire le fossé croissant entre l’augmentation des profits et la stagnation des salaires, la « participation » serait largement incitée fiscalement et les stocks option réellement encadrés et taxés. Pourquoi aussi les élus de la République, les Ministres ne montreraient-ils pas franchement l’exemple en réduisant de 10 ou 20% leur indemnité de fonction ?

Ainsi le peuple français pourrait constater que c’est l’ensemble de la Nation qui fournit un effort pour relever les défis collectifs. L’effort partagé, un cap retrouvé, l’espoir d’un avenir meilleur pour tous en vue, il serait alors davantage prêt à consentir sa part de sacrifice.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député Debout la République de l’Essonne Président de DLR

19.11.2007

Jean-Michel Dumay : un veto pour les sociétés de journalistes au conseil d'administration

L'actionnariat salarié est toujours d'actualité? 

16.11.2007

Vidéo:Appel de Nicolas Dupont Aignan en faveur de d'un référendum sur le traité de Lisbonne.

D’après Nicolas Sarkozy, avec un référendum, le non au traité l’emporterait dans tous les pays de l’UE ou presque !

C’est Sarkozy qui le dit : en cas de référendum sur le traité de Lisbonne, le non serait gagnant partout Le site du quotidien The Telegraph révèle les propos tenus par le président de la République à huis clos à Strasbourg.

Pendant que Libération titrait hier -abusivement- sur l’inéluctabilité d’une ratification parlementaire du Traité de Lisbonne en France (et donc l’impossibilité de l’organisation d’un référendum), la presse anglaise nous donne un tout autre son de cloche, et prend largement ses distances avec le discours lénifiant du président de la République à Strasbourg.

Selon le site Internet du Daily Telegraph (quotidien de droite britannique), Nicolas Sarkozy aurait admis que les gouvernements européens ne pourraient gagner un référendum : « Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. ».

Pour le quotidien britannique, il ne faut pas chercher plus loin la volonté des gouvernements de contourner le suffrage universel (la voie référendaire) en privilégiant la ratification parlementaire : « La même chose (un vote négatif, comme le vote français en 2005, ndlr) se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé » aurait ajouté Sarkozy.

Jeudi 15 Novembre 2007 - 11:14 Marianne2.fr

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