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31.08.2007

Interview de Nicolas DUPONT-AIGNAN au journal France Soir

Propos recueillis par Thomas de Rochechouart, jeudi 30 août 2007

A une semaine de l’université d’été de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, déclare l’indépendance de son parti et critique le chef de l’Etat.

Vous tenez la semaine prochaine l’université d’été de Debout la République. Quel message entendez-vous faire passer ?

Nous allons rassembler nos cadres gaullistes et républicains pour faire entendre une voix libre dans l’océan de conformisme et de superficialité que nous avons connu cet été, où le débat politique a été réduit aux coups médiatiques et aux couvertures de magazine, comme si nous avions élu à l’Elysée la famille de Monaco ! Derrière toute cette agitation people, des choix essentiels ont été faits, sans être commentés ni débattus. Des choix qui s’éloignent malheureusement des promesses de campagne du président de la République.

Que lui reprochez-vous notamment ?

Comme beaucoup de Français, j’ai fait confiance à Nicolas Sarkozy pour s’attaquer à la pensée unique qui abîme la France depuis vingt ans. Certaines réformes ont été positives, comme le service minimum, la loi sur la récidive ou la baisse de l’impôt sur les successions, et je les soutiens. Malheureusement, sur les grands dossiers européens, le président a totalement abandonné ses promesses. La Constitution européenne dont il avait promis la mort lors du débat avec Ségolène Royal a été ressuscitée sous la forme du minitraité, et pire, le peuple ne sera pas consulté par referendum. La lutte contre l’euro fort, condition de la réussite de sa politique économique, est passée aux oubliettes. Si on continue ainsi, la croissance française sera inférieure à 2% et le fameux paquet fiscal se terminera en fiasco budgétaire, avec un déficit colossal. Et maintenant, comble de tout, la France accepte l’ouverture des chapitres de négociation avec la Turquie, pour son entrée dans l’Europe. Pour les 55% des Français qui avaient voté non au referendum de 2005 et qui avaient cru dans le discours de Nicolas Sarkozy, c’est une vraie douche froide.

Vous l’avez pourtant soutenu au second tour de l’élection présidentielle, et l’UMP a soutenu votre candidature lors des législatives…

Je l’ai soutenu, malgré mes inquiétudes, car je ne voulais pas voir revenir au pouvoir une gauche si catastrophique que par le passé. J’ai aussi bénéficié, il est vrai, du soutien de l’UMP dans ma circonscription. Mais j’ai toujours dit à mes électeurs que je ne cautionnerais jamais une politique européenne qui reviendrait sur le vote de 2005. Et dans un système de cour jamais égalé sous la 5ème République, où le Président voit tout, fait tout, sait tout, c’est un devoir d’oser dire « Monsieur le Président, vous allez trop loin ! ». Si cela pouvait au moins inciter l’Elysée à écouter un peu plus les députés, notamment au sein de l’UMP, qui ne disent rien aujourd’hui, mais qui commencent à s’inquiéter. J’en connais un certain nombre…

Lors de son discours de Besançon, Nicolas Sarkozy s’est inscrit sous le parrainage du général De Gaulle. Est-il gaulliste à vos yeux ?

Non. Et ce n’est d’ailleurs pas un déshonneur. Ce qui le serait, ce serait de se parer des habits du gaullisme pour mener une politique aux antipodes des principes gaullistes auxquels demeurent attachés beaucoup de nos concitoyens. Je pense à l’indépendance de notre pays que va mettre en péril le minitraité, à la politique étrangère qui ne doit pas s’aligner sur les Etats-Unis, comme le Président a commencé à le faire. Dans la crise irakienne, le Président avait l’occasion extraordinaire de recevoir les fruits de l’attitude visionnaire de Jacques Chirac en 2003. Je regrette qu’en passant ses vacances aux Etats-Unis, il n’en ait pas aussi profité pour rencontrer Hillary Clinton et tous ces Américains majoritaires aux Etats-Unis qui donnent raison aujourd’hui à la France. Pourquoi soutenir George W. Bush au moment où tout le monde prend de plus en plus ses distances avec lui ?

Votre position semble cependant bien isolée dans un paysage politique dans l’ensemble bienveillant à l’égard de Nicolas Sarkozy…

Loin de moi l’idée de nier la très forte personnalité du Président et son pouvoir d’attraction. Mais les Français n’attendent pas des intrigues politiciennes, ils veulent des résultats. Et ils seront vite lassés des coups médiatiques à répétition. Plus que jamais la France a besoin d’un mouvement gaulliste et libre. C’est pourquoi Debout la République, même modeste au démarrage, s’affirme aujourd’hui comme un parti politique indépendant. Autrefois parti associé à l’UMP, nous n’avons plus aucun lien financier avec ce parti. Beaucoup de gens, qui ne recherchent pas des fromages ministériels nous rejoignent, de droite comme de gauche. C’est un devoir de dire les choses, de tirer le signal d’alarme pour faire ce quinquennat et éviter à la France un échec qu’elle ne peut se permettre.

 

30.08.2007

Adhésion de la Turquie : le reniement

Par Nicolas Dupont-Aignan

Tout au long de la campagne électorale présidentielle, Nicolas SARKOZY a promis de s’opposer à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. S’il est un des engagements auquel beaucoup de Français ont cru, c’est bien celui là. Je dois le reconnaitre moi aussi. Car cela fait des années que le Président a toujours été opposé à cette dilution de l’Europe. C’était d’ailleurs un de nos points d’accord.

Malheureusement, dans son discours devant les ambassadeurs le 27 août dernier, le Président a cédé à la pensée dominante bruxelloise. Il a accepté d’ouvrir les chapitres des négociations d’adhésion.

Ce qui avait été présenté en juin comme une mesure technique, « la France n’avait pas mis son véto à deux chapitres mineurs des négociations », devient la règle.

Le Président se réfugie derrière l’idée fumeuse d’une commission sur le devenir de l’Europe dans 20 ans pour habiller ce volte-face.

Après la signature du fameux mini-traité, qui ressuscite une Constitution Européenne que le candidat disait morte ; après les courbettes devant les ministres des finances de la zone euro, voilà donc le troisième reniement d’engagements de campagne.

Tous les Français qui avaient cru qu’avec Nicolas Sarkozy la France allait redevenir maîtresse de son destin, ne peuvent que déchanter. Derrière ces renoncements successifs, il y a, malheureusement, le constat que la Présidence Sarkozy débute comme celle de François Mitterrand ou de Jacques Chirac : après avoir gagné l’élection sur le thème « la France est de retour », on gouverne en obéissant à Bruxelles devenu le nouveau maître.

Or, si l’on veut de vrais résultats dans notre pays, tant dans le domaine économique que dans ceux de la sécurité ou de l’immigration, il faut desserrer ce carcan européen qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne. En un mot, il faut rebâtir l’Europe sur des bases saines.

Nicolas Sarkozy aurait pu être celui-là, malheureusement sa volonté n’était qu’une tactique de prise de pouvoir et il lui manque aujourd’hui le courage d’aller au-delà des simples bonnes intentions. Il se condamne de fait, en ne conquérant pas pour la France une nouvelle marge de manœuvre, à reproduire les échecs des gouvernements précédents.

25.08.2007

Une politique étrangère inquiétante

 Par Nicolas Dupont-Aignan

La politique étrangère est un domaine où la France n’avait pas besoin de la fameuse « rupture » chère au Président de la République.

Si l’on écarte en effet la politique européenne, le bilan diplomatique de Jacques CHIRAC impose le respect général. Au fil des ans et dans la droite ligne de la 5ème République, il a su bâtir une politique étrangère cohérente et forte de sens.

Malheureusement, comme je le craignais avant l’élection présidentielle, les premiers pas diplomatiques de l’Elysée ne peuvent qu’inquiéter.

Pourquoi voler ainsi au secours d’un Président BUSH à bout de souffle et infléchir la ligne de la France en Irak au moment où les faits nous donnent raison ?

Le voyage de Bernard KOUCHNER à Bagdad révèle ce besoin permanent des milieux atlantistes de plaire, voire de complaire au pouvoir américain qu’ils confondent d’ailleurs avec le peuple américain.

AZNAR, BERLUSCONI ET BLAIR disparus, est-il honorable de vouloir les remplacer ?

Comble de l’absurde, Bernard KOUCHNER cautionne de fait la présence des troupes américaines en Irak au moment où Hillary CLINTON demande leur retrait ainsi que la démission du Gouvernement fantoche à la botte des forces d’occupation.

Dommage que le Président de la République n’ait pas saisi l’occasion de ses vacances aux Etats-Unis pour s’adresser au peuple américain qui se prépare à choisir un nouveau président et une autre politique !

Quant à la triste affaire des infirmières bulgares, mérite-t-elle tant de fanfaronnades ? Fallait-il pour briller le temps d’un « coup de com », céder à ce chantage et payer si cher leur libération ?

Pourquoi refuser la prolifération en Iran et la nourrir en Lybie ? Peut-on faire confiance à un dirigeant qui a fait exploser en vol des avions civils ? Toutes ces questions en démocratie sont légitimes.

Enfin le discours de Dakar, qui a suscité un tollé en Afrique, comme la visite à Omar BONGO ont-il un sens pour démarrer la nouvelle politique africaine tant vantée ?

Au terme de cet été, j’espère que le Président de la République comprendra qu’une politique étrangère digne de ce nom s’adresse aux peuples de la Terre plutôt qu’à la seule opinion nationale.

Cohérence dans la durée et coups médiatiques ne font pas bon ménage, surtout pour les éditorialistes des journaux étrangers qui sont moins dociles que ceux de chez LAGARDERE ou DASSAULT. Une politique étrangère n’est pas là pour servir l’image du Président, mais pour servir celle de la France.

22.08.2007

Une rentrée périlleuse

 Par Nicolas Dupont-Aignan,

La France, ou plus exactement l’image qu’en forgent les médias souvent complaisants, semble ainsi sous hypnose. L’agitation tout azimut du Chef de l’Etat monopolise, je dirais même plus, sature les écrans et les journaux.

Le décalage entre les paroles et les actes « même s’il n’est que très rarement relevé par les observateurs » s’accroît démesurément. Combien de temps nos compatriotes supporteront-ils ce mode de fonctionnement ? Comment les Français réagiront-ils lorsque les faits s’imposeront à eux ?

Sur la politique européenne, j’ai déjà pointé avant les vacances l’ampleur de la contradiction, je pourrais même dire de la trahison. Affirmer pendant la campagne que la Constitution Européenne est morte et signer un mois après un mini-traité qui en reprend la totale substance, cela n’est pas banal ! Parcourir les départements marqués par les délocalisations en s’en prenant à juste titre à « l’euro cher » puis s’incliner devant les ministres de l’euro-groupe à Luxembourg, il faut oser. Ce que certains nomment habileté s’apparente plutôt au syisme, auquel nous avaient habitué les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy, et avec lesquels ce dernier justement, avait promis de rompre.

Mais surtout, et c’est bien là le plus grave, ces deux revirements majeurs mettent en péril la stratégie audacieuse de sortie de crise du Président de la République. En effet, en avalisant la Constitution Européenne, sans obtenir aucune compensation sur l’euro de la part de l’Allemagne, la France est privée du seul moyen de relancer son économie (voir mon article du 21 juillet dans l’hebdomadaire « Marianne »).

Avec un euro toujours surévalué, le pacte fiscal du Gouvernement risque bien de se transformer en boulet fiscal. Se priver de 13 milliards de recettes fiscales pour honorer des promesses électorales clientélistes, sans prévoir les économies budgétaires qui permettraient d’éviter l’explosion du déficit, relève d’un certain amateurisme.

On se croirait revenu en 1981, quand François Mitterand voulait, coûte que coûte, respecter les promesses de campagne.

Bien sûr, je crois utile comme le Président de la République, de réduire les droits de succession des classes moyennes ou de limiter les charges sociales. En revanche, je crois que par idéologie et par fanfaronnade, le pacte fiscal va trop loin surtout dans un contexte de « l’euro cher » et saigne l’économie française.

Quand je disais cela au mois de juin, on me regardait de travers. Aujourd’hui, malheureusement, les chiffres commencent à inquiéter les économistes : record du déficit du commerce extérieur au 1er semestre, croissance lente au 2ème trimestre, atonie de la production industrielle et poursuite des délocalisations.

S’attaquer à la pensée unique, comme l’a fait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne est une bonne chose à la condition, bien évidemment, de se donner ensuite dans les actes, les moyens de sa politique. Les réformes structurelles sont indispensables certes, mais il faut mettre de l’huile dans les rouages et faire sauter alors le carcan de « l’euro cher ».

Se refusant à aller au bout de sa logique, privilégiant les coups de com sur la cohérence des mesures, je crains, qu’une fois de plus, la France aille dans le mur des contradictions politiques et de la démagogie électorale.

L’automne dira, si je fais preuve d’un pessimisme excessif ou si je mets le doigt sur les dégâts des contradictions permanentes entre les discours et les actes.

06.08.2007

Universités d'été 2007 DLR

Les universités de rentrée de Debout la République se tiendront les samedi 8 et dimanche 9 septembre à Dourdan, Essonne.
 
L'accès est réservé aux adhérents à jour de cotisation 2007 (possibilité de renouveler sur place), dans la limite des places disponibles.
Formulaire d'inscriptions sur le lien suivant :
http://www.debout-la-republique.fr/legislative2007/IMG/pd...

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