11.07.2008

Le Livre noir de la Défense.

Tribune publié dans Valeurs Actuelles, le 10 juillet 2008

Le Livre blanc, qui fixe la doctrine et les priorités pluriannuelles des armées, est un document important versé au débat essentiel sur la Défense nationale, garantie de notre sécurité et levier de notre politique étrangère.

De ce point de vue, le Livre blanc 2008 renouvelle la pensée stratégique française, en définissant les nouvelles menaces qui pèsent sur notre pays et en pointant sans tabou les insuffisances – retard d’investissement, saupoudrage géographique des forces de projection,… - que l’on a laissé au fil du temps se développer dans les armées. Il reprend ainsi à son compte la préoccupation légitime de l’adaptation et de la rationalisation de l’outil de défense, afin de lui ménager des marges de manœuvre et une capacité nouvelle de redéploiement. Il en énumère également les priorités : l’anticipation, la dissuasion, la protection, l’intervention, l’interopérabilité et le renseignement.

« Objectif atteint », serait-on ainsi tenté de dire à ce stade de l’analyse. Hélas, cet authentique Livre blanc pour ce qui concerne le diagnostic, vire étrangement au noir dès lors qu’on se penche sur les solutions qu’il préconise… Comme pris de schizophrénie, il propose deux orientations totalement contradictoires avec la diversité des menaces qu’il détaille.

La première est la réduction du format des armées. Déjà diminuée après la réforme de la professionnalisation initiée par Jacques Chirac, la défense de notre pays serait sérieusement amputée si l’on suivait ses propositions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si l’on mettait en œuvre les prescriptions du Libre blanc (stabilité des dépenses militaires en volume jusqu’en 2012, augmentation d’1% par an au-delà), notre effort de défense baisserait de 2,41% du PIB aujourd’hui, à 2% dans 5 ans. Nous nous placerions alors dans la division de l’Allemagne et de l’Italie. Car n’oublions pas que si l’on ôte les pensions (8,92 milliards d’euros, soit 0,48% du PIB) et les dépenses de la gendarmerie (5 milliards d’euros, soit 0,27% du PIB), nous nous situons aujourd’hui, en comparaison OTAN, seulement à 1,64% du PIB. Dans 5 ans nous serions descendus à 1,22%, soit à peine le niveau de l’Allemagne mais avec des obligations opérationnelles bien plus lourdes.

L’accent légitime porté sur le renseignement et le spatial sur lequel le Ministère a habilement communiqué ne suffira pas. En effet, comme l’affirment les militaires eux-mêmes : « Savoir sans pouvoir, ne sert à rien ». Abandon aux calendes du second porte-avions, réduction de notre aviation de combat, diminution importante de notre présence en Afrique (le « continent de l’avenir ») ou encore cure d’amaigrissement sans précédent de l’armée de terre, la France ne pourra plus jouer son rôle.

La seconde faute, cohérente d’ailleurs avec la première, est la réintégration complète de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN. Une réintégration dont on ne voit pas les avantages mais dont on ne connaît que trop les inconvénients.

Les bénéfices sont inexistants car ce retour est précipité et contraint par l’impasse budgétaire. Et quel sera le poids d’une France qui réduit son effort de défense par rapport à un Royaume-Uni qui l’augmente ?

Comment ignorer que la contrepartie sine qua non réclamée initialement sur l’Europe de la Défense, a disparu ? Comment ne pas s’interroger, à l’instar d’Alain Juppé, sur ce qui ressemble de plus en plus à un marché de dupes ?

Alors même que nous sommes déjà acteurs de l’Alliance atlantique, avait-on besoin de donner davantage de gages à une organisation dépassée, devenue au fil du temps une police internationale aux ordres de Washington ?

Le Général de Gaulle avait anticipé, il y a 50 ans, l’avènement d’un monde multipolaire. C’est pourquoi il avait voulu que la France se dote des moyens industriels, scientifiques et militaires à la hauteur d’une politique étrangère indépendante et s’adressant à tous les peuples de la Terre.

Ce monde apparaît sous nos yeux, il a besoin plus que jamais - l’affaire irakienne l’a prouvé - d’une France libre et d’une Europe indépendante… Et que faisons-nous ? Par faiblesse, nous réduisons la voilure et confions à d’autres le fardeau !

Comment les Français, et surtout les autres Européens, se convaincront-ils de la nécessité d’un effort de défense ambitieux, dès lors que la France, en principe la première avocate de cette politique, y renonce elle-même ? Contresens historique et politique total ! Comme je l’ai indiqué lors de mon intervention à l’Assemblée nationale (à lire ICI) , une autre politique de la Défense est pourtant possible…

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste l’Essonne Président de Debout la République

Discours devant le parlement européen : l’impasse Sarkozy

C’est en parallèle de la très médiatique sortie de l’album de la «première dame » que Nicolas Sarkozy a lui aussi essayé de vendre son disque, rayé, sur l’avenir de la construction européenne devant le parlement de Strasbourg.


Enfilant les perles avec minutie, il a, entre autres, déclaré :


  • qu’il n’y aura pas de renégociation du traité de Lisbonne, confirmant ainsi l’aveuglement des élites face à la volonté des peuples.
  • que les élections de juin 2009 pourraient se faire « sur la base du traité de Lisbonne … » donc en dehors de tout cadre légal, « …ou du traité de Nice ». Comme ça il était à peu près sûr de ne pas se tromper.
  • que la défense européenne sera pensée avec l’OTAN comme symétrique ("Ce n'est pas l'OTAN ou la politique européenne de défense, c'est les deux"), parachevant la mise sous tutelle américaine de la politique européenne de défense. Gorges Bush saura apprécier…
  • que la retraite et la santé sont d’abord de dimension nationale, enterrant temporairement le serpent de mer de l’Europe sociale qui ne manquera pas d’être exhumé par le PS, l’UMP et les centristes lors des prochaines élections européennes.

Fidèle à lui même, le président Sarkozy a caressé dans le sens du poil les eurocrates qui n’en demandaient pas tant, notamment sur l’élargissement sans fin de l’UE, annonçant l’intégration prochaine de la poudrière Balkanique. N’oubliant pas son habituel poncif de la critique au tilleul menthe de la BCE, il s’est bien gardé de dire quelle solution politique concrète est envisageable pour éviter à l’Euro d’aller dans le mur. La seule chose sensée qu’a déclaré le Président à Strasbourg, est que ce n’est pas à la Chine de fixer son agenda. Il a raison, les USA s’en occupent déjà très efficacement.


L’Europe est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux mains des eurobéats. Malheureusement, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans le chemin tracé par les oligarchies non élues, confirmant ainsi l’inutilité de sa présidence … européenne bien entendu.


Les futures élections européennes constituent le grand rendez-vous qui permettra aux citoyens de désavouer clairement cette politique spectacle.

24.06.2008

Après le non irlandais, les langues commencent aussi à se délier dans les médias…

Le coup de force du traité « simplifié »

Les Echos, 20 juin 2008 A quoi bon invoquer la démocratie si on croit que les électeurs ne voient pas ce qui crève les yeux ? Ce qui est en train de vider de son contenu la construction européenne, traité de Lisbonne ou pas, n’est pas un déficit de démocratie. Le problème inquiétant est que, lorsqu’on la met en pratique, on ne sait plus à quoi sert la démocratie. L’interprétation qui fut donnée il y a trois ans par tous les gouvernements européens - mais aussi par la grande majorité des médias - des référendums français et néerlandais qui enterrèrent le projet de Constitution en est la parfaite (et triste) illustration. La même cécité mentale est en train de se reproduire à propos de celui qui vient d’avoir lieu en Irlande. Le point commun des commentaires tant officiels que médiatiques est de se cantonner dans une analyse sociologique des votes. Cela conduit, sous prétexte d’objectivité, à introduire subrepticement une hiérarchie entre les électeurs. Exemple caricatural de cette dérive, les « nonistes » de tout poil étaient récemment présentés dans un grand journal du matin comme « l’addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires ». Dans la même veine, on découvrirait (peut-être) que, parmi ceux qui font appel systématiquement au recours d’un psy, le vote négatif est plus fréquent que le vote positif. Quel qu’en soit par ailleurs l’intérêt, ces différentes grilles de lecture n’ont absolument rien à voir avec la nature du problème posé. En participant à une consultation électorale, quelle qu’elle soit, les citoyens accomplissent un acte politique. La conscience politique est indépendante du niveau des connaissances et du positionnement dans la société. Jusqu’à une époque récente, elle était en France plus développée à gauche qu’à droite, dans le peuple que dans la bourgeoisie bien-pensante. L’exercice de la démocratie repose tout entier sur cette hypothèse : toute élection revenant à poser une question politique (comment conduire les affaires de la cité ?), il est supposé que l’électeur lui donnera une réponse politique. Feindre de confondre son jugement avec ses états d’âme est un déni de politique. Le traité de Lisbonne est calqué sur feu le projet de Constitution. Où s’exercera la démocratie en Europe ? Le texte répond : partout ! Mais il se contredit. Quelques semaines avant sa mort, Raymond Barre déclarait en substance : au mieux, l’Europe formera une confédération d’Etats. Et si les peuples, quand l’occasion leur est donnée de s’exprimer sur le sujet, avaient déjà tranché dans ce sens ? Certains diront que les peuples sont en retard. Où sont les combattants d’arrière-garde ? En quoi a consisté la relance du processus européen que Nicolas Sarkozy s’est attribuée, mais qui doit beaucoup à la diplomatie d’Angela Merkel ? Le « rapport d’information » présenté le 8 janvier de cette année à l’Assemblée nationale par le député UMP Pierre Lequiller en décrit bien l’esprit (pour mieux l’approuver). Le président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne part de l’idée que, dans son état actuel (codifié par le traité de Nice du 11 décembre 2000), le système de décision est affecté d’une « excessive rigidité ». Comme il se doit à ce propos, le rapporteur dénonce à son tour ce qu’il appelle « l’exigence d’un très haut degré de consensus », laquelle, selon lui, « freine indéniablement l’Union et affadit ses actions au moment même où le besoin d’Europe devient criant et appelle des choix ambitieux et efficaces. Il n’est ainsi pas possible aujourd’hui d’avancer substantiellement vers une gestion commune de l’immigration dans un système qui fait tant de place à l’obstruction des moins volontaires ». Allusion à la part supposée trop grande accordée au principe de l’unanimité. Pas besoin d’être du camp des souverainistes, ces rêveurs, pour mettre en doute l’alpha et l’oméga de la doctrine à dominante fédéraliste : par définition, toute extension du domaine où les décisions sont prises à la majorité qualifiée est une « avancée » dont on doit se réjouir. Outre le fait que l’électeur de base est ainsi appelé à se réjouir du recul de sa capacité d’influence (selon les cas, supprimée ou diluée), l’argument est entaché de contradictions. D’abord, tout ce qui s’est fait de grand et de moins grand au sein de l’UE l’a été par consentement mutuel. Le traité de Lisbonne le reconnaît à sa manière : le Conseil européen (chefs d’Etat et de gouvernement), l’organe d’impulsion, continuera à fonctionner sur la base du consensus. Ensuite, les pays qui risqueraient d’être mis en minorité sur les questions d’importance (l’immigration par exemple) ont déjà obtenu la clause d’« opting out ». Ils (Royaume-Uni, Danemark, etc.) ont obtenu une dérogation. Dérisoire, mais dangereuse, apparaît la démarche qui a conduit (entre autres) Nicolas Sakozy à proposer un traité qu’il est le seul à qualifier de « simplifié ». Il a repris sans modifications (sauf, le cas échéant, pour les renforcer) les « remèdes efficaces et ambitieux » qui figuraient dans le projet de Constitution, en les présentant sous un autre nom de consonance moins constitutionnelle (le ministre des Affaires étrangères de l’Union est appelé « haut représentant »…). Le coup de force a consisté à supposer comme allant de soi que « les motifs de refus n’ont pas porté sur les institutions à proprement parler » (rapport Lequiller). Mais le coeur du projet de Constitution, c’était précisément des institutions centrales beaucoup plus puissantes, mais pas forcément plus ordonnées. L’Union sera pourvue non pas d’un mais de deux présidents : celui du Conseil européen et celui de la Commission). Le Parlement et la Commission seront installés en même temps pour cinq ans. Ils formeront un bloc de caractère fédéral, par construction en concurrence avec les autorités nationales. Tout cela se retrouve tel quel dans le traité de Lisbonne soumis à ratification. Il est écrit dans le rapport déjà cité que « le Parlement européen devienne pleinement colégislateur n’a guère fait couler d’encre. Au fond l’architecture institutionnelle est, avec la Charte des droits fondamentaux, la partie de la Constitution qui a le moins fait l’objet de critiques et, par conséquent, de rejet [par le référendum de mai 2005] ». Seulement voilà, les électeurs lambda s’expriment non pas avec de l’encre, mais avec un bulletin déposé dans l’urne. Sur un point, ils ont pu être abusés : sur la charte. Les dispositions sur le « droit au mariage » sont dictées par le lobby homosexuel (gageons qu’il ne représente pas la majorité de cette minorité sexuelle). Il y est aussi question du « droit des enfants ». Quel recul de la civilisation. Depuis l’Antiquité, il était admis que les relations de parenté étaient régies non pas par le droit mais par l’amour.

PAUL FABRA

07:24 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : non, irlande

21.05.2008

Turquie : la présidence française de l’UE ne fera rien contre les négociations d’adhésion

Turquie : la France « n’a pas l’intention de briser la négociation »

Le secrétaire d’Etat aux affaires européenne Jean-Pierre Jouyet a annoncé que la France n’entraverait pas le processus d’adhésion de la Turquie durant sa présidence de l’Union durant le deuxième semestre 2008. M. Jouyet affirme que la France « n’a pas l’intention de briser le processus de négociation actuellement en cours ». En réponse aux inquiétudes du ministre des Affaires étrangères Turc Ali Babacan – qui espère que la présidence de la France ne sera pas synonyme d’un ralentissement du processus d’adhésion de son pays – M. Jouyet souligne que la présidence française se voudra « objective, impartiale et réfléchie ». Les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ont débuté en 2005 et six des trente-cinq chapitres ont été ouverts et reçu l’approbation de Bruxelles. Pour sa part, le commissaire à l’élargissement de l’UE, Olli Rehn, a insisté sur le fait que « les négociations sont lentes mais continuent, même si elles pourraient être plus rapides. Les négociations dépendent de l’avancement des réformes légales et démocratiques mises en place dans le but de créer une société plus ouverte ». Cet « intérêt des 27 », distinct de celui du Président, consisterait selon Jouyet, à laisser ouvertes deux « voies pour la Turquie » : l’adhésion ou un partenariat privilégié, option toutefois totalement exclue par Ankara et Bruxelles. La difficulté pour Nicolas Sarkozy, est de ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique, majoritaire en France, et qui a contribué à le faire élire, tout en ne désavouant pas la position pro-turque de ses ministres de gauche M.M Kouchner et Jouyet, qui plaident pour l’adhésion. Le président aurait donc accepté l’amendement de deux de ses fidèles, Frédéric Lefèvre proposant de rendre obligatoire un référendum pour les pays n’étant pas « géographiquement » en Europe, et Patrick Devedjian (secrétaire général de l’UMP) qui veut maintenir le référendum obligatoire pour toute adhésion de pays « non européens ». L’Assemblée commence cette semaine l’examen du projet de révision constitutionnelle.

Lundi 19 Mai 2008

Source : observatoire de l’Europe

19.05.2008

Fin de la relation spéciale entre la France et le Québec : les réactions se multiplient

Charest sera reçu à l’Élysée

CHRISTIAN RIOUX Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mai 2008

L’amitié de Sarkozy pour le Canada suscite la controverse en France Paris — En arrivant hier à Bordeaux pour une visite de quatre jours en France, Jean Charest ne se doutait pas qu’il débarquait en pleine controverse. Le premier ministre du Québec a aussitôt annoncé qu’il sera reçu lundi par le président Nicolas Sarkozy après avoir passé deux jours à Bordeaux pour célébrer les fêtes du 400e. La rencontre, qui ne figurait pas au programme, n’aurait été confirmée qu’en fin d’après-midi hier. Une semaine seulement après la polémique autour de la présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean au lancement des fêtes du 400e à La Rochelle, Jean Charest dit voir dans cette nouvelle rencontre le témoignage que la relation « directe et privilégiée » entre la France et le Québec atteindra cette année de « nouveaux sommets ». Accusé par le PQ et l’ADQ d’avoir été absent à La Rochelle, Jean Charest arrive pourtant en France au moment même où la nouvelle position du président français envers le Québec commence à susciter la controverse dans ses propres rangs. L’abandon présumé de la politique traditionnelle dite de « non-ingérence et non-indifférence » à l’égard du Québec est en effet loin de faire l’unanimité.

Le Devoir a appris que la nouvelle politique de Nicolas Sarkozy plaçant les relations avec Québec et Ottawa sur un pied d’égalité a profondément irrité plusieurs personnalités depuis longtemps attachées au Québec, notamment l’actuel président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et même l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui recevait hier le premier ministre Jean Charest à Bordeaux.

Tout en prétendant ne pas « se mêler de ce débat », M. Juppé a d’ailleurs ouvertement contredit hier le président Sarkozy en affirmant que si « le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits », les Québécois sont « un peu plus que des amis, ce sont des frères ». Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait au contraire bien pris soin de mettre le Canada et le Québec sur un strict pied d’égalité : « On aime le Québec. Mais on aime le Canada. On aime les deux », avait-il déclaré.

Depuis quelques semaines, plusieurs élus ont confié leur désaccord à l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à ébruiter publiquement les intentions du président. Alain Juppé n’est en effet pas le seul à égratigner la nouvelle position de Nicolas Sarkozy. De nombreux élus, à droite comme à gauche, s’expliquent mal ce reniement de la tradition gaulliste.

« Les Français sont profondément attachés au Québec et je crois qu’ils sont aussi malheureux que les Québécois de cette dérive », a dit le député de droite Nicolas Dupont-Aignan. Selon lui, en abandonnant la politique traditionnelle formulée par le général de Gaulle et reprise par tous les gouvernements français depuis, Nicolas Sarkozy exprime une opinion minoritaire. « Rien n’est joué », affirme d’ailleurs le député de l’Essonne, qui estime que le débat sur cette question n’a pas vraiment eu lieu en France.

« Ne croyez pas que les Français ont changé ! C’est malheureusement leur président qui dénature le message français. Je peux vous assurer que les élus et le peuple français ne sont pas de son avis. Je crains que le lobby anglo-saxon qui influence le président de la République n’abîme les relations franco-québécoises. »

Dissident depuis peu du parti de Nicolas Sarkozy (UMP), Nicolas Dupont-Aignan appartient à la frange dite souverainiste de la droite française. Il attribue ce changement de politique au rapprochement de la France avec les États-Unis et le Canada. Selon lui, le Québec ferait « les frais » de la nouvelle implication de la France en Afghanistan, où celle-ci est allée prêter main-forte au Canada. M. Dupont-Aignan souligne aussi le peu d’intérêt manifesté jusqu’à présent par Nicolas Sarkozy pour la défense de la langue française.

« Sarkozy a abandonné la langue française en faisant ratifier le protocole de Londres sur les brevets favorisant l’usage de l’anglais, dit-il. Et, pour la première fois cette année, un chanteur français chantera en anglais à l’Eurovision, ce qui suscite l’indignation en France. » La rupture avec la tradition gaulliste en politique étrangère compte pour beaucoup dans la chute de popularité du président, dit-il. « Jamais un président n’a été aussi impopulaire aussi rapidement depuis le début de la Ve République. »

Même si la plupart des élus hésitent à exprimer aussi clairement leurs divergences pour l’instant, à droite comme à gauche, plusieurs partagent la préoccupation de Nicolas Dupont-Aignan. « Le débat est loin d’être clos », nous ont confié plusieurs proches du Québec en France, issus de toutes les familles politiques et qui gardent espoir de pouvoir infléchir l’opinion du président d’ici sa visite officielle au Québec, en octobre prochain.

Joint alors qu’il partait pour le Québec, le représentant personnel du président de la République auprès de la Francophonie, Christian Philip, tentait de minimiser ce changement d’attitude. « Ce qui compte, ce sont les actes, a-t-il dit. Je ne vois pas d’inflexion de la politique française. » Selon lui, « le Québec et la France représentent toujours le premier pôle de la Francophonie ». Il s’agit d’un vocabulaire jamais utilisé à ce jour par Nicolas Sarkozy pour parler du Québec.

Même ton réservé chez l’ancien ambassadeur Bernard Dorin, vieil ami du Québec de tradition gaulliste et militant de la francophonie. « Apparemment, le discours de Nicolas Sarkozy semble mettre le Québec et le Canada sur un pied d’égalité, a-t-il dit. En apparence, la France a l’air de jouer sur les deux tableaux. Mais je crois qu’il ne faut pas s’emballer simplement sur des mots. Il faudra voir la politique qu’il y aura derrière. Je ne crois pas que la politique de la France à l’égard du Québec ait changé pour l’essentiel. J’ai toujours trouvé la formule de la « non-ingérence et non-indifférence » un peu négative. Mais je ne crois pas qu’on en ait trouvé une nouvelle. »

Compte tenu du faible de Nicolas Sarkozy pour les formules-chocs, plusieurs familiers des relations France-Québec s’inquiètent de ce qu’il pourrait dire lors de sa visite officielle, à l’automne. « L’homme est imprévisible », a dit le spécialiste québécois des relations internationales André Patry. Selon cet ancien conseiller politique, « le Canada a gagné du poids sur la scène internationale. Quant au Québec, il joue un rôle moins important. Nous ne pouvons pas demander à la France de faire ce que nous ne faisons pas ».

Nicolas Dupont-Aignan affirme que son inquiétude est partagée aussi bien par des députés de droite que de gauche. « Tout l’enjeu maintenant pour beaucoup d’amoureux du Québec en France, et ils sont nombreux, c’est de contrecarrer cette tendance et d’alerter l’opinion française pour que cela ne se fasse pas dans la discrétion. Rien n’est joué, et nous pouvons susciter, à l’occasion de ce 400e anniversaire de Québec, un bel élan mutuel. »

12.04.2008

« Vive le Québec pas libre ! » : Nicolas Sarkozy voudrait en finir avec la relation spéciale entre la France et le Québec !

On connaissait l’amour immodéré du président français pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. On découvre aujourd’hui sa préférence manifeste pour le Canada anglais ! Ce serait en effet une rupture historique, aucun dirigeant français n’ayant jamais fait ouvertement le jeu du Canada britannique contre le Canada français…

Quelle mouche aurait piqué Nicolas Sarkozy ?

Le Devoir, édition du mardi 01 avril 2008 Par Louise Beaudoin, membre associée au CERIUM, chargée des questions de Francophonie internationale et professeure invitée au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.

Jean-Pierre Raffarin nous annonce que le président Nicolas Sarkozy profiterait de son passage à Québec en octobre prochain pour mettre à mal la politique de la France par rapport au Québec. Cette politique, dont un des principaux éléments, énoncé en 1977 par le ministre de la Justice de l’époque et grand ami du Québec, Alain Peyrefitte, s’énonce comme suit : « Non-ingérence et non-indifférence. » Je ne suis pas étonnée que M. Sarkozy songe à la remplacer. Je l’ai rencontré à quelques reprises, dont une fois à la résidence du délégué général du Québec à Paris — du temps de Clément Duhaime — et une autre fois en compagnie de Bernard Landry, alors chef de l’opposition officielle. Il ne nous a pas caché, à chacune de ces occasions, son amitié pour la famille Desmarais et le fait qu’il partageait leur vision de l’histoire et de l’avenir du Québec.

J’ai bien senti qu’il serait difficile sinon impossible de le convaincre de la pertinence de toute autre version, notamment celle des souverainistes québécois. Il m’a tout de même semblé étonnant, au cours de ces conversations, que le futur président de la République ne se pose pas de questions et adopte sans discussion, en bloc, une thèse plutôt que l’autre.

Tous ses prédécesseurs, plus ou moins sympathiques à l’indépendance du Québec, avaient au moins la curiosité de s’informer, de débattre avec leurs interlocuteurs québécois. Ainsi, il est bien connu — et je le sais pour en avoir souvent discuté avec lui — que François Mitterrand n’était pas spontanément favorable à la souveraineté, mais, en revanche, il s’intéressait beaucoup à la culture québécoise en plus d’avoir assuré à Jacques Parizeau qu’il accompagnerait le Québec dans la voie qu’il choisirait.

La vraie surprise vient plutôt du messager de cette nouvelle, Jean-Pierre Raffarin, qui lui, au contraire, nous avait, à Bernard Landry et moi-même, tenu un discours différent, très différent dans la lignée de celui des Raymond Barre, Michel Rocard, Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement, notamment. On a l’impression, en lisant la dépêche de La Presse canadienne de vendredi dernier, que l’ancien premier ministre et actuel commissaire français des fêtes du 400e accepte sans état d’âme cet éventuel changement, alors que l’on aurait pu penser qu’il défendrait auprès du président Sarkozy les raisons et les bénéfices pour la France et le Québec de l’actuelle politique.

Venons-en au fond de la question.

Cette politique non partisane, faut-il le souligner, a été acceptée et reprise comme telle autant par les libéraux du Québec, de Robert Bourassa à Jean Charest, que par la gauche en France, de François Mitterrand à Ségolène Royal. Jamais l’actuel premier ministre du Québec, qui se rend souvent en France et qui accueillera en 2008 son homologue François Fillon ainsi que Nicolas Sarkozy, n’a-t-il publiquement, et j’imagine privément, exigé quelque changement que ce soit à cette politique bien établie. Pas plus que le chef de l’ADQ Mario Dumont, reçu in extremis récemment par le premier ministre français.

Si tous les partis politiques au Québec et en France s’en accommodent, c’est qu’elle a des vertus et que, derrière les mots, il y a une réalité. Toutes les avancées du Québec sur la scène internationale sont dues à l’appui de la France. À commencer par notre présence en Francophonie. Si Georges Pompidou, dans un premier temps, et François Mitterrand, dans un second temps, n’avaient pas appuyé les demandes du Québec pour devenir gouvernement participant de l’Agence de coopération des pays francophones et ensuite membre de plein droit du Sommet de la Francophonie, jamais nous ne nous serions retrouvés dans cette enceinte où siègent avec nous 54 autres pays et territoires.

Si Lionel Jospin, en 1998, n’avait pas accepté de signer avec Lucien Bouchard un procès-verbal créant le groupe de travail France-Québec sur la diversité culturelle, le Québec n’aurait jamais, au grand jamais, pu jouer sur la scène internationale le rôle de leader qu’il a réussi à jouer dans un dossier de ce type, une question qui relève carrément de la politique étrangère et non pas de la paradiplomatie réservée aux États fédérés et aux nations sans État.

Enfin — ironie de l’histoire —, cette politique a permis à M. Raffarin d’inviter le Québec, en 2004, malgré les protestations véhémentes de la Gazette, du National Post et du Globe and Mail, à se joindre à la France dans le cadre d’une mission conjointe au Mexique : pour la première fois, la France et le Québec se déplaçaient ensemble, au plus haut niveau, dans un pays tiers.

Que signifierait un changement de cette politique dans le sens procanadien annoncé ? Messieurs Raffarin et Charest promettaient, par exemple, en 2004, d’autres missions en pays tiers. François Fillon pourra-t-il, dans une telle perspective, donner suite à cette promesse ? Qu’un président de la République veuille imprimer « sa » marque en inventant, à la limite, sa propre petite phrase, soit ; mais le premier ministre Charest a le devoir de lui rappeler pendant qu’il est encore temps que, comme le disent les anglophones, « if it ain’t broke, don’t fix it » ! Pour paraphraser Sully Prudhomme, « elle n’est pas brisée, n’y touchez pas ».

Pourquoi la France se mettrait-elle à dos une bonne partie de ceux qui, au Québec, de toutes les couleurs politiques, animent cette relation unique au monde, et ce, dans tous les secteurs, alors que personne, ni ici ni en France, ne demande de changement ? La rupture pour la rupture ? Alors que le Québec fête l’arrivée de Samuel de Champlain et la naissance de la Nouvelle-France, le moment de l’annonce de cette mise à sac serait bien mal choisi.

09.04.2008

Pour l’indépendance nationale, NDA vote la censure

La France soumise n’est pas la France

Aujourd’hui, j’ai décidé de voter symboliquement la motion de censure pour porter la voix silencieuse de nombreux parlementaires et de millions d’électeurs de la majorité, que le reniement présidentiel de notre indépendance nationale révolte. C’est une décision grave et mûrement réfléchie qui ne m’enchante pas, mais que j’assume pleinement.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est l’indépendance nationale, c’est « une certaine idée de la France ». Longtemps le RPR et l’UMP ont été fidèles à ce gaullisme responsable, digne et nécessaire pour l’avenir de notre pays. Hélas, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

La France ne gagnera rien à cette normalisation atlantiste, occidentaliste, qui n’est pas seulement le reniement de sa liberté diplomatique et de son rang mondial, mais aussi le reniement d’elle-même. La France soumise n’est pas la France. La France soumise ne serait d’aucune utilité au monde. Le président de la République aurait-il oublié ce propos historique du général de Gaulle : « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. » ?

Tout cela pour quoi ?
  Nous aurons des morts inutiles dans le bourbier afghan, qui restera sans issue hors d’une internationalisation renforcée dans le cadre de l’ONU.
  Complètement réincorporés dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, nous subirons le sort des vassaux, sans garantie aucune de l’émergence d’une Europe de la défense utile et durable.
  Hurlant avec les mauvais prophètes d’un « axe du mal » imaginaire, nous perdront notre voix originale dans le monde, tout en nous exposant inutilement à des fanatiques trop heureux, eux aussi, d’en avoir enfin fini avec l’universalisme français.

Je refuse cette politique catastrophique pour la France et les Français. Une politique dont il n’a jamais été question lors de la campagne présidentielle. Une politique qui a été annoncée depuis l’étranger. Une politique qui n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux avec le gouvernement ni le Parlement et ne sera pas soumise, comme je l’avais réclamé, au vote des Français.

Oui, il y a encore des gaullistes à droite ! Oui, au-delà des clivages politiques, les Français sont envers et contre tout attachés à la liberté de la France !

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président de Debout la République

05.04.2008

Ce n'est pas en rapetissant la France qu'on la redressera !

J’ai eu le temps ce matin de lire attentivement la presse. Du Figaro à Libération en passant par le Parisien, au-delà des grands titres, quantités d’articles révèlent crument le climat général qui inquiète tant les Français et la médiocrité politique des réactions au défi du temps.

Un passage du Figaro économie : une entreprise textile du Pas de Calais vient de proposer à sept de ses salariés un poste en Turquie pour 230 euros mensuels ou au Brésil pour 315 euros. Le Directeur des Ressources Humaines ose affirmer : « la loi française nous oblige à donner des chances de reclassement aux ouvriers ».

Un peu plus haut, bien en valeur pour faire croire sans doute que le gouvernement est devenu énergique un grand titre sur le nouveau plan d’économie budgétaire : « 8 milliards d’économie ».

Cela semble bien sûr de bon sens car les prélèvements publics ont atteint le seuil de l’inacceptable. Mais quand on lit en détail, on découvre une nouvelle fois que Bercy s’acharne sur l’Etat régalien (essorage de notre réseau diplomatique, réduction des crédits logement, formatage des armées) au lieu de s’attaquer à l’explosion des dépenses sociales et des collectivités locales qui vont en 2008 augmenter de beaucoup plus que 8 milliards.

Il est vrai que le courage manque pour s’attaquer à la gabegie hospitalière, aux privilèges des cliniques privées, à la multiplication des échelons des collectivités locales, au scandale des dépenses résultant de l’immigration clandestine. Comme toujours depuis vingt ans on confond dépenses de l’Etat et dépenses publiques sans comprendre que par rapport au produit intérieur brut, le poids relatif de l’Etat a diminué alors que celui des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale a explosé.

Autres nouvelles en vrac :
  • Gandrange, Mittal poursuit les licenciements sans tenir aucunement compte de la visite et des assurances du Président de la République.
  • Dans Libération, un dossier sur le Livret A. Les banques avec le soutien de la Commission de Bruxelles l’ont emporté sur la Poste et les Caisses d’Epargne. Le gouvernement s’apprête à banaliser le Livret A mais, plus grave encore, les banques ne seront obligées de déposer que 70% des fonds récoltés à la Caisse des Dépôts et Consignations pour financer le logement social. Les gros intérêts l’ont emporté sur celui des mal-logés.
  • Dans le Figaro enfin, une tribune exemplaire du correspondant de ce Journal, Monsieur de La Grange qui explique pourquoi l’OTAN a déjà perdu la guerre en Afghanistan, comme si la rédaction du journal avait mauvaise conscience de son soutien permanent aux fautes présidentielles.

En vérité, en lisant la presse du matin on réalise à quel point le Président de la République, après s’être fait élire sur le retour de la volonté politique et l’identité nationale, est en train de normaliser la France, de la rapetisser :
  • obéissance aux Etats-Unis ;
  • obéissance à la Commission de Bruxelles ;
  • obéissance aux copains du CAC 40.

Il existe ainsi un décalage béant entre les promesses, les discours, et les actes. On comprend dès lors, selon une étude de la SOFRES, pourquoi la cote d’amour et de confiance des responsables politiques n’a jamais été aussi basse depuis la fin des années 80, s’étant très brutalement effondrée dès le lendemain de l’élection présidentielle !

Rien d’étonnant, quand on observe la véritable politique de classes du président de la République, qui rappelle dangereusement celle de la droite de l’entre-deux-guerres. Une politique toujours annonciatrice des plus grandes catastrophes dans notre histoire, car les Français n’ont jamais supporté l’arrogance de l’argent ni le « parti de l’étranger », selon le bon mot du général de Gaulle.

L’opposition de son côté est inerte, évanescente, sans solutions car elle se refuse à regarder en face son état de dépendance idéologique et culturelle vis-à-vis des bien-pensants.

Plus que jamais il nous faut préparer une nouvelle politique avec comme point cardinal, comme inspiration première, le seul intérêt de la France et des Français.

31.01.2008

Versailles

Lorsque le feu est à la maison, on ne demande pas aux pompiers s’ils sont de droite ou de gauche …

 

Devant le péril qui menace la Nation, devant le mépris du peuple et du vote des Français, Nicolas DUPONT-AIGNAN et DEBOUT LA REPUBLIQUE appellent à réagir.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN et DEBOUT LA REPUBLIQUE appellent  tous les adhérents et sympathisants à se joindre dans un esprit d’unité aux manifestations organisées par de nombreux mouvements de tous horizons politiques le

 

Lundi 4 février à Versailles

Rendez-vous à partir de 14h avenue de Sceaux, angle avenue du Général de Gaulle,

à proximité des gares de Versailles Rive Gauche et Versailles Rive Droite

 

 

Pour ceux qui ne peuvent se déplacer en région parisienne, DEBOUT LA REPUBLIQUE propose de manifester silencieusement le lundi 4 février, entre 12h et 14h, devant chaque préfecture, en faisant un geste symbolique à votre initiative. (Par exemple, se bâillonner avec un bâillon noir, etc…)

 

MOBILISONS-NOUS TOUS ENSEMBLE !

 


 

L'Europe d'après

Une fois de plus l’actualité avec la crise financière et la rocambolesque affaire de la Société Générale chasse des écrans et des antennes, le débat pourtant essentiel sur la ratification du traité de Lisbonne.

Une fois de plus, les émissions auxquelles je suis invité sont annulées les unes après les autres, presque toujours en dernière minute. Il y a comme une paroi de verre érigée entre nous et les Français. Tout est fait pour dissimuler au peuple le forfait institutionnel perpétré dans leur dos.

A croire que les prescriptions du puissant centre de recherche fédéraliste, l’European Policy Centre, un « think tank » qui a pignon sur rue et bénéficie de nombreuses largesses financières, sont suivies à la lettre : ce dernier, fin novembre, a ainsi publié une étude (communiquée à la diplomatie française) invitant à respecter un « impératif de discrétion qu’impose le processus de ratification du traité tout au long de l’année. » Un souci de « discrétion » qui paraît le mieux partagé du monde dans les arcanes de l’eurocratie et qui a inspiré en septembre dernier à Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, à propos de la Constitution bis, cet aveu chuchoté : « Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ? »

Nos compatriotes désinformés risquent de se réveiller demain avec la « gueule de bois ». On leur expliquera alors que la politique ne peut plus rien ! Que la France est isolée en Europe ! Que la loi de la majorité s’impose désormais ! Que c’est le fameux traité de Lisbonne qui s’applique !

La révolte qui couve déjà contre les élites, qu’elle soit économique, financière, politique et médiatique, risque alors de prendre des allures insurrectionnelles. Tout ça pour ça !

Au lieu de réorienter l’Union européenne dans un sens conforme à l’intérêt des nations, de la démocratie et du Progrès, au lieu d’entendre la voix des peuples, les chefs d’Etats, les oligarchies, vissent le couvercle sur la marmite. Il va de soi qu’aucune construction politique artificielle n’a jamais pu durer en violant les peuples qui la composent. Le système explosera donc un jour, tôt ou tard, à condition que les citoyens se réveillent et fassent valoir leurs droits.

Il est donc de notre devoir de préparer l’Europe d’après.

Il est de notre devoir sans cesse et toujours d’appeler les Français à rester un peuple libre. Les prochaines élections européennes de juin 2009 constituent déjà une première occasion pour les Européens de dire leur vérité à ceux qui aujourd’hui les bâillonnent, les bafouent !

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